En deux ans, le prix du poisson a augmenté de 35% au moins !

35 à  66% de plus par rapport à  la même période de 2006
Les intermédiaires sont pointés du doigt
Il y a aussi moins de barques opérationnelles.

Le poisson est de moins en moins à la portée du consommateur moyen. Les prix ne cessent d’augmenter et des pics sans précédent ont été constatés durant le Ramadan. C’est ce que révèlent les données relevées sur les marchés de Casablanca-Anfa, sur la même période, pendant trois années successives, par les services économiques de cette préfecture.

La sole est passée de 50 DH le kilo en 2006 à 60 DH en 2007 et, la semaine dernière, elle avait atteint 70 DH. Le prix de la crevette rose a connu le même sort puisque, de 45 DH en 2006, il est passé à 50 DH en 2007 et, la semaine passée, les étiquettes n’étaient pas à moins de 75 DH.

Même constat pour le merlan qui de 48 DH, en 2006, avait pris 2 DH de plus par kilo durant Ramadan de l’année dernière, avant de monter à 65 DH cette année. Même des variétés aussi populaires que la sardine ont emboîté le pas aux espèces dites nobles. Le kilo est commercialisé à 10 DH, 15 DH par endroits, au lieu de 8 DH en 2006.

Comment expliquer cette spirale des augmentations qui se confirme d’année en année ? Si le public l’impute très souvent aux intermédiaires, ce qui est loin d’être exclu, le délégué de l’Office national des pêches (ONP), Abdelfattah Merbouh, y voit surtout l’effet d’une moindre fréquence des sorties de bateaux au niveau local.

Par rapport à 2005, le nombre des barques en activité a régressé de 16%, passant de 361 à 308. Au 18 septembre, les débarquements enregistrés à Casablanca ont reculé de 34% par rapport à la même période des trois années précédentes. Une forte chute qui s’est naturellement répercutée sur le niveau des approvisionnements, même si, sur les 20 premiers jours du Ramadan, le volume débarqué à la halle a augmenté de 3 % comparativement à l’égale période de 2007.

Les exportations ont augmenté de 37% entre mai 2006 et mai 2007
Outre le recul, «une partie seulement des débarquements enregistrés au niveau de la halle de Casablanca est vendue dans la capitale économique ; le reste alimente d’autres villes du pays», explique M. Merbouh.

Pourtant, au niveau national, la production suit une courbe ascendante et le marché aurait pu être mieux approvisionné. En effet, à fin mai 2008, les débarquements ont totalisé 332 673 tonnes, en hausse de 22% par rapport à la même période de l’année précédente.

L’explication la plus probable à la constante augmentation des prix au niveau national est que si le Maroc pêche plus chaque année, la plus grande partie de cette production est destinée à l’exportation en volume. Celle-ci s’est en effet appréciée de 37% à fin mai par rapport au même mois à l’année précédente. En résumé, l’offre destinée au marché intérieur ne suit pas la demande. Reste qu’on ne peut pas reprocher aux professionnels de vendre leurs produits là où ils trouvent la meilleure valorisation.

Une bonne nouvelle cependant pour les Casablancais : le nouveau marché de gros de poissons va ouvrir ses portes dans quelques jours et tout le monde s’accorde à penser que cela va changer la donne en ce qui concerne les prix.