En dépit de prix peu élevés, les voitures chinoises n’arrivent pas à  percer

Dans le segment du tourisme, elles ne représentent que 2% des ventes de véhicules importés au terme des huit premiers mois.
En revanche, sur l’utilitaire, elles cartonnent : onze marques de pick-up ont raflé 20% du marché en deux ans.

Avec l’ouverture des marchés, la concurrence s’intensifie au grand bénéfice des consommateurs, notamment pour l’automobile. Toutefois, surprise, l’argument prix, souvent déterminant dans un marché comme le marché marocain, ne semble pas, pour le moment, avoir eu l’effet escompté.

On est loin du raz-de-marée que l’on prévoyait. Ainsi, sur les huit premiers mois de l’année, seules 1 014 voitures de tourisme chinoises ont été vendues sur les 52 000 ventes de voiture neuves, soit 2% des réalisations sur ce segment.

Six marques ont fait leur apparition sur ce segment depuis 2006. La Chery est celle qui s’en sort le mieux, grâce notamment à son antériorité sur le marché. Cette marque a commercialisé 624 voitures, dont 459 micro citadines (la Chery QQ).

Elle est présente dans la plupart des segments : berlines moyennes, routières, monospaces, citadines et même 4×4. A l’image de la Logan, la Chery a permis à une nouvelle catégorie de consommateurs d’accéder à l’automobile. «C’étaient des clients du marché de l’occasion qui ont pu accéder au neuf. Ce qui est loin d’être négligeable, lorsque l’on sait que le véhicule dont ils se portaient acquéreurs par le passé roulait depuis 10 ans», explique un expert.

La Chery tire profit de sa position de pionnière
La Chery est suivi d’assez loin par la marque BYD qui a écoulé 158 unités de sa citadine Sedan F3. Ce qui est surprenant en soi. En effet, contrairement à l’idée reçue selon laquelle les marques chinoises sont moins chères, le prix de la F3 BYD est compris entre 125 000 et 139 000 DH, alors que celui de la Clio Classic de Renault, présente sur le même segment, ne coûte que 116 500 DH.
Pour sa part, Changhe a totalisé 127 citadines du modèle «Idéal» commercialisé en 2008.

Ce score reste honorable pour un seul semestre d’activité, sachant que la marque n’a été lancée qu’en mars. Avec un prix de 90 000 DH, elle est en concurrence directe avec la Fiat Sienna vendue à 93 900 DH, ou encore le modèle Benni de la chinoise Chana, proposée à 99 900 DH, qui, il est vrai, n’en a vendu que 23 exemplaires.

Sur le segment des 4×4, la marque Yangzi a enregistré des ventes pour le moins aléatoires puisqu’elles ont été nulles pendant les mois de février et de juillet. Au total, 28 unités du 4×4 «SUV 4X2» ont trouvé preneur.

Les bus sont encore très peu vendus
Great Wall, qui se positionne également sur le segment des 4×4, a commercialisé quelque 28 Hoover à 235 000 et 270 000 DH.
Au total, les ventes de 4×4 low cost chinois se limitent à moins de 1% des 5 905 véhicules tout-terrain commercialisés sur ce segment. Signe que la clientèle de ce type de véhicules est peu regardante sur le prix.

Quant à la marque Wuling, elle se cantonne aux monospaces dont quelque 26 unités ont été cédées entre le mois de février et août de l’année en cours. En matière de prix, elle reste la plus abordable. Mais il s’agit là du seul facteur qui la rend comparable à la Citroën Picasso.

Pour l’utilitaire, 2 093 véhicules, des pick-up pour l’essentiel, et 23 minibus ont été vendus. Avec 20% des parts de marché, la présence chinoise est plus visible sur ce segment.
A signaler qu’il existe onze marques chinoises qui se disputent le segment des pick-up. Le leader est sans doute Hafei qui a placé 730 unités. Signe que les utilisateurs sont motivés par des considérations de prix et de rendement plutôt que de confort, usage professionnel oblige !

Faw vient en deuxième position avec 290 unités, talonné par Yangzi avec quelque 266 véhicules. Par ailleurs, 172 Chana et 161 pick-up Changhe ont trouvé acquéreur.
La marque Jac, présente uniquement sur l’utilitaire, a réalisé 127 ventes, contrairement à Wuling qui, avec 156 unités, fait le plus gros de ses réalisations sur ce segment. Great Wall y trouve également son compte, avec quelque 92 unités. Deux autres spécialistes sur ce segment, Dong Feng et Yuejin, se limitent respectivement à 75 et 22 pick-up commercialisés, loin devant un autre, JMC, qui n’a écoulé que deux véhicules.

Pour les minibus, Chana affiche 10 unités au compteur contre 7 pour Wuling et 6 Hafei. Il faut noter que l’offre des constructeurs chinois n’est pas totalement représentée sur la place. Il est donc fort probable qu’elle sera plus significative dans les années à venir, quitte à recourir au cross badging, qui consiste à vendre sous sa marque propre des véhicules d’une autre marque.

D’ailleurs, en chinois, apprendre signifie imiter le maître. On peut donc anticiper sur l’offre de demain, qui rappellera étrangement d’autres marques plus européennes !