En 3 ans, le taux de réussite à  l’examen du Code de la route passe de 80 à  65%

Le ministère des Transports surveille de près les centres où le taux de réussite est encore anormalement élevé

Pour lutter contre la fraude, le boîtier sera remplacé par un appareil tactile et les centres dotés de cabines individuelles.

L’automatisation de l’examen théorique du permis de conduire a-t-elle changé quelque chose dans la conduite des Marocains au sens propre comme au figuré ? Introduit en 2004, le nouveau système à  boà®tier, conçu pour remplacer l’examinateur, aujourd’hui bien intégré par les auto-écoles et par les candidats, a commencé à  dévoiler ses effets. Les statistiques sont là  pour en attester.

En 2003, devant un examinateur, le taux moyen national de réussite à  l’examen théorique du permis de conduire, toutes catégories confondues, était de 81,33%. Dans certains centres, ceux de petites villes en particulier, on dépassait souvent les 90%. Avec le nouveau système, ce taux moyen a été ramené à  74% en 2004 et à  71% en 2005. Pour les quatre premiers mois de l’année en cours, il s’est fixé à  65%. A titre de comparaison, le taux de réussite en France se situe entre 65 % et 70%, ce qui montre donc que l’on est sur la bonne voie pour ce qui est de la crédibilisation de cet examen.

Une constatation cependant : si, dans la plupart des agglomérations urbaines, les taux de réussite ont sérieusement baissé, et se situent entre 42 et 65%, soit donc la moyenne nationale actuelle, il subsiste des lieux o๠rien n’a changé, ou très peu. Ainsi pour des centres comme ceux de Kénitra, Souk Larbaa ou encore Khémisset, pour ne citer que ceux-là , o๠le taux de réussite tend toujours ou dépasse les 90%. Dans la mesure oà¹, dans ces villes, les candidats ne sont ni plus doués ni plus bêtes qu’ailleurs, les services du ministère du Transport et de l’Equipement s’efforcent de tirer les conclusions en organisant des inspections, soit dans les auto-écoles, soit dans les centres d’examen, pour déceler les éventuelles anomalies, explique un haut cadre de ce département.

Le deuxième volant sera supprimé
Celles-ci peuvent, selon lui, être le fruit de comportements malhonnêtes de la part des candidats, qui n’hésitent pas à  lorgner sur le boà®tier du voisin, avec la complicité bienveillante du surveillant. L’objectif étant d’arriver à  un système sécurisé au maximum, on s’oriente ainsi vers plusieurs changements. Il y a eu d’abord l’introduction, à  partir de juillet 2005, de 120 questions supplémentaires qui sont venues s’ajouter aux 250 du début. On compte arriver, d’ici la fin de 2006, à  une banque de 600 questions pertinentes et mises à  jour. On s’est en effet rendu compte qu’il y avait des questions auxquelles tout le monde répondait et d’autres sur lesquelles tout le monde butait. Encore une fois, et à  titre de comparaison, la banque de données en France est constituée de 470 questions et les salles d’examens accueillent jusqu’à  40 candidats. «Chez nous, explique le directeur d’un centre d’examen à  Casablanca, on a du mal à  contrôler 10 à  12 candidats dans une même salle, car la triche, dit-il, est une question de mentalités».

Aussi, pour éliminer toutes les tentations de fraude, les boà®tiers actuels comportant des boutons bien visibles, et donc favorisant le coup d’Å“il «malsain» du voisin d’examen, vont être remplacés dès 2007 par d’autres boà®tiers à  touches tactiles et les centres d’examens seront équipés de cabines individuelles o๠le candidat se trouvera seul face à  son écran.

Reste l’examen pratique. Pour prévenir les complicités entre moniteur et candidat, le deuxième volant, permettant au premier de contrôler la trajectoire du véhicule, en cas de défaillance, lors de la période de formation, sera carrément supprimé le jour de l’examen. Autre innovation, les examens pratiques seront désormais effectués en ville, soit dans des conditions réelles de roulage, ce qui obligera les sociétés d’auto-école à  être plus rigoureuses en matière de formation.