En 2016, Lydec sur tous les fronts

Révision du contrat de gestion déléguée, COP 22, poursuite des investissements et des chantiers structurants… 1 milliard de DH sera investi en 2016 essentiellement dans les quartiers périphériques. Le délégataire planche sur la télérelève des compteurs particuliers.

L’année 2016 promet d’être importante pour Lydec. D’abord parce que le délégataire chargé de la distribution d’eau et d’électricité et de la gestion de l’éclairage public et de l’assainissement liquide pour le Grand Casablanca prépare, avec l’autorité délégante, la deuxième révision de son contrat de gestion déléguée. 2016 est aussi l’année de la 22e Conférence des parties (COP 22) qui se tiendra à Marrakech en novembre prochain : une occasion rêvée pour Lydec de se positionner comme l’un des rares acteurs du développement durable dans le Grand Casablanca. A l’occasion du 13e séminaire médias organisé par la filiale marocaine de Suez Environnement les 25 et 26 février dernier, il n’est donc pas étonnant que ces deux sujets, à commencer par la prochaine révision du contrat, aient été récurrents dans les discussions entre la société délégataire et les médias invités. «La révision du contrat est un processus long et contractuel. Cela commence par des audits qui sont ensuite analysés. Un certain nombre d’hypothèses sont ensuite émises en termes d’investissements et de remises à niveau des hypothèses émises lors de la révision précédente. De nombreux facteurs évoluent, à commencer par la population. Le nouvel Exécutif a simplement demandé à ce que le processus s’accélère», n’a pas manqué d’expliquer Jean-Pascal Darriet, DG de Lydec depuis 2012, dès le démarrage du séminaire.

Plus de 7 milliards de DH d’investissements à mobiliser

La première révision du contrat remonte à 2009 et avait notamment permis la prise en compte des nombreux projets de développement en cours dans le périmètre de Lydec tels que l’arrivée du tramway et l’émergence de nouveaux pôles urbains comme Zénata, mais aussi les programmes nationaux en eau, en assainissement et en électricité. C’est également dans le cadre de cette révision du contrat que l’éclairage public était devenu le quatrième métier de la société. Réuni le 21 janvier dernier, le comité de suivi a approuvé les objectifs de cette deuxième révision, à savoir établir le bilan de la période 2007-2015, «faire évoluer les documents contractuels en prenant en compte les recommandations des audits et contrôles», et surtout «arrêter un programme prévisionnel des investissements pour la période 2016-2027 avec des solutions pour son financement». Sur la période 2009-2027, le besoin en investissements s’élève, pour l’instant, à près de 20,2 milliards de DH, dont 12,4 sont et seront assurés par la gestion déléguée, à savoir Lydec et le Fonds de travaux. Restent donc un peu plus de 7,7 milliards à mobiliser. A titre de comparaison, les investissements sur la période 1997-2015 se sont élevés à 18,7 milliards de DH. 45%, soit 8,4 milliards ont porté sur des réalisations liées à l’assainissement liquide, 27% à l’électricité, 22% au métier de l’eau et les 6% restants ont été employés pour des besoins communs, à l’image des 26 MDH investis en 2015 pour, entre autres, l’aménagement du nouveau concept d’agence et le PC ordonnancement. A noter qu’entre 2008 et 2015, le taux de croissance annuel moyen des investissements a été de 11%.

Lydec n’oublie pas ses engagements d’entreprise citoyenne et responsable

Pour l’exercice 2016, ce n’est pas moins de 1 milliard de DH (hors tiers), contre 1,5 milliard en 2015, qui sera réparti entre l’assainissement (384 MDH), l’eau (377 MDH), l’électricité (235 MDH) et «communs» (27 MDH). «La part du lion revient aux quartiers périphériques», a expliqué Saâd Azzaoui, directeur du patrimoine. Outre la révision de son contrat, Lydec continue de plancher sur des chantiers structurants, parmi lesquels la télérelève des compteurs d’eau et d’électricité. A l’aide de compteurs numériques, cette méthode permet d’obtenir le relevé du compteur sans y accéder. Dès 2008, la transition a été entamée pour les compteurs des clients industriels de Lydec et, à ce jour, l’ensemble des clients industriels en sont équipés. Pour ce qui est des compteurs des clients particuliers, Lydec poursuit ses recherches de solutions. Cela est d’ailleurs tout aussi valable du côté de l’installation de systèmes d’éclairage à LED. En presque 3 ans, Lydec a testé plusieurs solutions et technologies de LED car toutes ne sont pas valables.

Certaines peuvent par exemple perdre 1% de leur puissance dès le premier mois. «Nous devons être capables de proposer une solution adaptée en termes de qualité et de prix à la collectivité. Je pense que nous l’avons trouvé. Il ne s’agit pas de généraliser le LED à l’ensemble du parc luminaire mais plutôt de l’introduire par projet», a confié M. Darriet, citant comme exemple les projets de Zénata ou de deuxième ligne du tramway qui se prêteraient à ce mode d’implantation «par projet». Quant à la généralisation du nouveau concept d’agence, après l’aménagement de deux agences (Diouri et Tit Mellil), elle se poursuit.

Au-delà de ses activités métiers, Lydec n’en oublie pas ses engagements d’entreprise citoyenne et responsable. Avec le projet INDH-Inmae, ce sont déjà plus de 36 000 foyers qui ont pu bénéficier de l’accès à domicile de l’eau et de l’électricité. Un peu plus de 26 000 autres sont actuellement en travaux. A terme, ce sont 88 213 foyers en tout qui sont concernés par le projet, dont la convention a été signée en 2005.

A fin 2015, le chiffre d’affaires de Lydec a progressé de 1,6% par rapport à 2014, à 6,93 milliards deDH. Une progression de 1,9% des ventes d’eau aux particuliers, une amélioration du rendement du réseau de distribution d’eau potable avec 76,6% à fin décembre 2015, une consommation d’électricité des clients moyenne tension stable et une amélioration du rendement du réseau électrique (93,4%), ont permis au délégataire d’afficher cette progression. 63% du CA a été porté par l’activité de distribution d’électricité, 18% par la distribution d’eau potable, 14% par les travaux et diverses recettes et les 5% restants sont attribués à l’activité d’assainissement liquide. A noter que l’excédent brut d’exploitation a quant à lui pris 1,7%, à 995 MDH, grâce à la maîtrise des charges d’exploitation. Enfin, le résultat net a perdu 2,1%, à 277 MDH «du fait de la non-récurrence d’éléments exceptionnels».