En 2008, les concours bancaires ont progressé de 23 %

Les crédits immobiliers aux particuliers en hausse de +14,51% contre 124% pour ceux à  la promotion immobilière.
Bank Al Maghrib prévoit, pour 2009, une poursuite de la décélération amorcée en 2008.
Le taux de progression des crédits à  l’économie serait de 16 %, soit un niveau plus proche de la croissance économique.

Au regard des statistiques monétaires publiées par Bank Al Maghrib, l’économie marocaine s’est bien comportée en 2008. L’encours global des concours bancaires se monte à 529,7 milliards de DH, en hausse de 23,3 % par rapport à 2007. Les crédits accordés aux particuliers et aux entreprises se sont appréciés de 23,1 %, à 468,5 milliards de DH. La plus grosse partie est logée dans le poste comptes débiteurs et crédits de trésorerie dont le montant s’élève à 152 milliards de DH contre 131 milliards une année plus tôt, soit une progression de 16 %. Viennent ensuite les concours à l’immobilier qui ont porté sur 142,6 milliards de DH, augmentant de 36 % par rapport à 2007. On signalera à ce niveau que les crédits à la promotion immobilière ont augmenté de 124% contre 14,51% seulement pour les crédits immobiliers aux particuliers. «Les engagements auraient pu être plus élevés, si l’offre avait été au rendez-vous durant la seconde moitié de l’année», constate un patron d’un réseau bancaire. Quoi qu’il en soit, la contribution de la demande interne ne se dément pas. Elle est encore très visible au niveau des crédits à la consommation qui ont grimpé de 27,6 %, à 25 milliards de DH. Avec un encours de 51,5 milliards de DH, en hausse de 19,6 %, les sociétés de financement ont en outre été bien servies. Quant aux crédits à l’équipement, ils totalisent 97,5 milliards de DH contre 81,4 milliards une année plus tôt, soit une amélioration de
19,8 %.

6,6% de créances en souffrance seulement
Cette forte progression est bien maîtrisée. Preuve en est que le stock des créances en souffrance a fléchi de 6,4 % par rapport à 2007 et ne représente plus que 6,6 % des crédits accordés aux entreprises et aux particuliers au lieu de 8,7 % en 2007 et
11 % en 2006.
En 2008, le secteur a plutôt souffert de la croissance relativement faible des dépôts par rapport au crédit à tel point que Bank Al Maghrib a dû réduire le taux de la réserve monétaire de 3 points, à 12 %, à compter du 1er janvier 2009 pour pallier le déficit de trésorerie ressenti par la plupart des établissements tout au long du second semestre. En principe, ils seront encore plus à l’aise durant l’année en cours – à condition que la collecte des ressources garde au moins le même rythme-, d’autant que les sollicitations seront moins insistantes.
Dans son dernier rapport sur la politique monétaire, l’institut d’émission prévoit en effet un ralentissement de l’ensemble des catégories de crédit, à l’exception des prêts à l’équipement qui marqueraient une forte expansion en 2009, culminant en fin d’année à plus de 26 % par rapport à décembre 2008. Il fait savoir que le recul du rythme de distribution du crédit observé au troisième trimestre marquerait le début d’un cycle de ralentissement qui est appelé à se poursuivre en 2009 pour ramener le taux de croissance des  crédits à un niveau proche de la croissance économique nominale. En définitive, il devrait se situer à 16 %.