Electronique : le groupe français Egide se désengage du Maroc

Ce fabricant de boîtiers électroniques négocie actuellement la cession des actifs de sa filiale locale Egima.
La production destinée au secteur télécoms a déjà  été rapatriée en France.

Une dette bancaire de 25 MDH et des pertes cumulées de 113 millions.

Installé à Casablanca depuis 2002, Egide, un des principaux fabricants français de boîtiers électroniques pour l’industrie spatiale, l’aéronautique et les télécommunications, s’apprête à plier bagages. En effet, frappée de plein fouet par la crise qui a balayé bon nombre d’équipementiers européens, cette société, créée en 1986 et cotée à la Bourse de Paris, a décidé d’adapter son outil de production au contexte de morosité qui a fait dévisser son chiffre d’affaires trimestriel (janvier-mars 2009) de 22 % à 5,9 millions d’euros (67 MDH). Aussi, outre des mesures de repositionnement de la filiale Egide USA sur le marché militaire domestique et une réduction significative des effectifs en France et en Angleterre, le management du groupe Egide a décidé de mettre fin aux activités de la filiale marocaine Egima dont la production destinée au secteur télécoms a déjà été rapatriée en France.

Le terrain est pris en location jusqu’en 2041
Des négociations sont d’ores et déjà entamées avec un repreneur intéressé par les actifs de cette filiale qui agissait en sous-traitant de sa maison-mère (client unique) pour l’assemblage, le traitement chimique et le contrôle de produits. Outre les équipements restants, Egima est propriétaire des murs de son usine qui s’étend sur un site de 3 000 m2 à l’aéropole de Nouaceur. En ce qui concerne le terrain, la filiale d’Egide était locataire jusqu’en 2041.
Cette cession par démantèlement obligerait le groupe Egide à supporter seul le passif d’Egima, notamment les dettes contractées auprès d’une banque locale (25 MDH empruntés en 2003 et courant jusqu’à 2015) et les pertes cumulées de 113 MDH. Il faut dire que rien qu’en 2008, Egima avait accusé un déficit de 14,7 MDH pour un chiffre d’affaires de 9,7 millions.
En attendant l’issue des discussions et le sort des employés d’Egima, ce désengagement du groupe français vient tordre le cou à certaines idées préconçues sur une présupposée accélération des délocalisations par des industriels cherchant à réduire le coût de leur production.
Des logiques d’améliorations de la productivité par regroupement d’activités ou de rentabilité par recentrage sur certains métiers au détriment d’autres peuvent tout autant rendre certaines plateformes low cost non opérationnelles.