Elections CGEM : Kassal tire à  boulets rouges

La CGEM partagée entre conservateurs et adeptes du changement. Un malaise perceptible.
Dans une démarche inédite, PME et grands groupes décidés à barrer
la route à un président parachuté.
Les milieux d’affaires seraient réticents à faire confiance à un
chef de PME à la tête de la confédération.

De tous les contestataires au sein du bureau de la CGEM, le président de la fédération PME-PMI est le plus virulent. Rebelle, Hammad Kassal estime que la confédération patronale ne joue pas son rôle, celui de défendre les intérêts de l’entreprise et qu’elle reste minée par des enjeux personnels, des problèmes de fonctionnement et des conflits sectoriels, elle n’arrive pas à résoudre de manière impartiale. A quelques mois des élections pour la présidence de la CGEM, il estime que le temps du changement est arrivé et prévient contre toute tentative de candidat «parachuté». Ce que l’on demande au futur président de la CGEM ? Faire tout simplement son boulot, clame-t-il. La fédération qu’il représente se déclare même prête à aller au charbon au cas où il n’y aurait pas de prétendant «valable» à la présidence. Entretien avec un militant.

La Vie éco : La CGEM compte plusieurs fédérations. Pourtant, le président de la Fédération PME est celui qui dérange le plus…
Hammad Kassal : La question n’est pas là. Nous ne sommes tout simplement pas habitués à ce style de débat à l’intérieur de la CGEM. La confédération a vécu pendant longtemps dans la tranquillité et n’a jamais été réellement bousculée par les événements, travaillant par réseautage avec des appuis au sein de l’administration. Cela doit changer et je ne suis pas le seul à le clamer. Plusieurs membres de la CGEM appellent à un débat de fond, au rejet du consensus systématique et de la politique du non-dit. Le consensus tire vers le bas et jamais vers le haut.
Nous avons donc apporté une nouvelle façon de voir. C’est pour cela que nous n’avons pas été toujours acceptés.

Quand vous dites «nous», vous parlez de qui au juste ?
Je parle de la PME d’une manière générale et de la nouvelle équipe de la fédération de la PME, en particulier. Je travaille avec une équipe, nous partageons les mêmes valeurs et les mêmes objectifs.

Mais c’est vous qui êtes au bureau de la CGEM, c’est plutôt Hammad Kassal, en tant que membre, qui dérange et pas son équipe…
Tant mieux, je ne dérange que ceux qui ont des choses à se reprocher. J’estime qu’il s’agit d’un débat d’idées et que le débat d’idées doit être accepté par tout le monde.

Même si ce débat doit être public ? Le président de la CGEM a dû vous rappeler à l’ordre suite à vos sorties médatiques au printemps dernier…
La liberté d’expression est un acquis démocratique irréversible et j’entends m’en prévaloir chaque fois qu’il le faudra. Ce n’est pas la lettre de M. Chami qui nous a empêchés de continuer à parler et d’exprimer nos opinions.

Quand vous faites une sortie médiatique, c’est toujours pour critiquer, protester. On vous accuse de ne pas faire corps avec le bureau de la CGEM !
Toutes les décisions prises au sein du bureau de la CGEM ne le sont pas à l’unanimité. Et quand nos points de vue divergent, nous le faisons savoir.

Encore «nous» !
Je représente les membres de la fédération…

La fédération ne siège pas au bureau, son président si…
Effectivement. Dans le bureau de la CGEM, il n’y a pas que des membres dociles. Il y a aussi les rebelles dont je fais partie. Si je suis le plus médiatisé et le plus apparent, c’est que je représente une frange importante d’entreprises qui étaient ignorées à l’intérieur de la CGEM pendant des années. Et le fait de positionner la PME, comme étant primordiale pour le développement économique de notre pays, a quelque peu dérangé.

Le président de la Fédération PME a pourtant bien sa place au bureau !
Le bureau de la CGEM est composé de membres statutaires qui sont les présidents des fédérations et des unions régionales. Mais il y a également beaucoup de membres cooptés comme les présidents de commissions et, par conséquent, le président se retrouve avec une majorité confortable grâce à des gens qu’il a cooptés lui-même et placés au sein du bureau.

Et vous êtes contre…
Je suis pour le mérite. Nous avons proposé des profils très intéressants pour présider des commissions, mais ils ont été rejetés. Nous avons toujours exprimé et défendu nos points de vue et nous continuerons à le faire.

Pensez-vous que la fédération a toujours sa place au sein de la CGEM ?
Feu Hassan II considérait à un certain moment que la CGEM était un club fermé de grands patrons et qu’elle ne représentait pas la majorité du tissu économique national qui, lui, est composé de PME. Je suis membre fondateur de la fédération qui est née en 1995. Ce n’est qu’à partir de 2003, avec l’élection d’un nouveau bureau, que nous avons essayé d’en faire une réelle force de proposition et cela a dérangé. Nos sorties dans la presse n’étaient pas tant pour critiquer mais pour proposer et dénoncer un certain nombre de pratiques qui n’étaient pas à la hauteur de l’évolution de notre dynamique économique. Nous sommes des patrons, des gens du terrain, des passionnés. Nous exprimons de manière claire et nette ce que nous pensons. Reprenez toutes nos sorties médiatiques depuis 2003.
n Justement, vous en faites trop, paraît-il…
Nous sommes sollicités et nous répondons à chaque fois que nécessaire.

Combien de sorties médiatiques ?
Il y en a eu 360.

Presque trois sorties par semaine. Un vrai cahier de doléances !
Si vous les reprenez, vous verrez qu’il y a plus de propositions que de critiques. La fédération remet les choses à leur place. Nous n’avons jamais personnalisé les débats ou les problèmes. Tout ce que nous disons, c’est qu’il y a des problèmes de fonctionnement à la CGEM.

Qu’est-ce qui vous fait courir ? Vous voulez devenir président ?
Pour être candidat à la présidence de la CGEM, il faut un certain nombre de critères. Ce qui me fait courir ? Je suis originaire d’une petite ville [Taza], issu d’une famille moyenne et on m’a inculqué le patriotisme, l’amour du travail, de ce qu’on fait. Dans la vie il faut être persévérant et c’est l’état d’esprit qui anime la Fédération des PME. Nous avons pu démontrer que la PME est réellement la force de notre pays : c’est elle qui produit la classe moyenne et qui est aujourd’hui vraiment capable de sortir le Maroc de ses difficultés, principalement en matière d’emploi, et qui serait le meilleur rempart contre tous les extrémismes.

Kassal superman de l’économie ! Avant les élections de 2003, on ne connaissait pas Hammad Kassal. Et depuis, il n’y en a que pour lui. Seriez-vous un pistonné «politique» ?
Pistonné «politique» ? Je ne suis pistonné par personne si ce n’est par la base qui m’a élu à la tête de la fédération et les idées qui m’animent et qui m’ont donné une légitimité. En dehors de cela, je ne vois pas à quoi vous faites allusion.

Vous avez externalisé la fédération, arguant de raisons pratiques : assouplissement du fonctionnement, accès au financement… n’y a-t-il pas d’autres raisons ?
Avec la réforme des statuts de la CGEM, il y a une tendance claire qui se dégage : c’est la préférence pour les grandes entreprises. Les affaires des PME et PMI ne doivent plus être gérées à l’intérieur d’une confédération qui peine à concilier les intérêts parfois contradictoires de ses membres.

Un exemple ?
La Fédération de la PME est membre de la CGEM au même titre que celle des compagnies d’assurance. Quand cette dernière a réussi à obtenir le paiement des polices d’assurance dans un délai de 10 jours, cela pénalisait toutes les PME car elles n’avaient pas les moyens de suivre. Or, au lieu que la CGEM tranche dans la mesure où les PME sont membres au même titre que les assureurs et sont même plus importantes en nombre, elle a préféré le silence. Ce n’est pas normal. Nous ne pouvons pas continuer d’être uniquement représentés dans une organisation où l’intérêt des grands passe avant celui des petits.
La CGEM ne défend pas assez la PME. Pourquoi, cette dernière n’a aucun représentant dans le conseil d’administration de la CNSS ou encore celui de l’OFPPT alors que, paradoxalement, ce sont les PME qui représentent la majorité des entreprises bénéficiaires de ce type de prestations ? Nous avons proposé maintes fois des noms de personnes mais sans résultat.
Les statuts de la CGEM nous donnent la possibilité de nous externaliser, nous l’avons fait. Cela nous donnera d’ailleurs plus de force pour aller vers les régions et pour faire réellement de la proximité, ce qui n’a jamais été fait par la CGEM.

Vous êtes membre du bureau et assumez donc, vous aussi, cette absence d’une politique de proximité…
Si demain on veut me juger en tant que membre du bureau sur le bilan de la CGEM, je ne peux être tenu comme responsable de toutes les décisions du bureau, dans la mesure où nombre de décisions sont prises en comité restreint auquel je ne suis même pas convié.

Vous semblez en vouloir à l’actuel président de la CGEM ?
Aucunement. Je n’ai aucun problème avec Hassan Chami en tant que personne pour laquelle j’ai le plus grand respect. Mais la CGEM, ce n’est pas seulement un président. La CGEM, c’est aussi plusieurs intérêts en jeu et j’estime que quand on en est président, on doit prendre de la hauteur par rapport à tout cela et ne pas écouter uniquement ceux qui ont des intérêts et qui veulent faire passer des choses. La CGEM doit régler les problèmes de tout le monde, y compris de la PME et non pas d’une minorité.

Combien y a-t-il de PME au Maroc ?
Les PME structurées sont aujourd’hui estimées à 84 000.

Combien d’adhérents ?
Quand j’ai été élu à la tête de la fédération, on avait 78 adhérents. J’ai été élu avec 50 voix et mon concurrent en avait eu 28. Aujourd’hui, nous avons 450 adhérents, associations comprises.

Que pèse la Fédération PME en termes de voix ?
Environ 30%.

Assez pour arbitrer des enjeux, et pourquoi pas prétendre au titre. Répondez par oui ou par non : êtes-vous candidat à la présidence de la CGEM ?
Non.

Levez la main droite et dites : « je le jure».
Je le jure.

Tout ce que vous direz sera retenu contre vous. Vous y pensez ?
En tant que président, non. Mais peut-être en tant que co-président, c’est possible !

Vous ne voulez pas concourir pour la présidence ?
Pas dans l’immédiat. Peut-être dans six ans !

Pourquoi ?
Un président de la CGEM doit à mon sens avoir trois qualités. Primo, être une personne capable de rassurer aussi bien le capitalisme national, qui a fui l’investissement, que le capitalisme international car, aujourd’hui, nous ne pouvons pas construire notre économie sans le recours à l’investissement étranger. Secundo, il doit être en mesure de rassurer les partenaires de l’entreprise notamment les syndicats, le gouvernement, sans pour autant qu’il s’ingère dans leurs fonctions. Tertio, il doit avoir lui-même la capacité d’investir, de montrer l’exemple. C’est ce que j’appelle le patriotisme économique.
J’ajouterais que le candidat à la présidence de la CGEM doit compter avec la PME. Il doit prendre en considération les intérêts de la majorité des entreprises du pays, faire de la politique de proximité, déléguer aux unions régionales…

Doit-on comprendre que vous n’avez pas ces trois qualités ?
J’en possède quelques-unes, mais pour le moment, en tant que chef d’entreprise, je n’ai pas la taille critique pour donner l’exemple par de gros investissements.

Pour vous, le président de la CGEM doit être un grand capitaliste…
Pas forcément. Mais il doit avoir les qualités requises et principalement un programme fédérateur. Le fait d’avoir un binôme, président/vice président, à la candidature, c’est justement pour marier le grand et le moins grand. Les milieux d’affaires seront réticents à faire confiance à un chef de PME à la tête de la CGEM. Mais j’insiste sur le fait que le futur candidat doit compter avec la PME. Mieux ! si nous ne trouvons pas de candidat répondant à nos exigences, nous sommes prêts à aller au charbon.

C’est-à-dire…
Nous sommes prêts à concourir pour la présidence s’il le faut. Pas forcément moi. Nous avons à la fédération des gens de grande qualité.

Etes-vous en lice pour le poste de vice-président ?
Si je trouve un bon candidat à la présidence, qui réponde aux aspirations de la PME, un meneur d’hommes, un démocrate, un homme de terrain qui connaît les vrais problèmes de la PME, etc., cela ne me dérangerait pas d’aller en deuxième position c’est-à-dire en tant que vice-président.

La presse parle de candidats potentiels : Kamil Benjelloun, Hassan Alami, Moulay Hafid Alami, Meriem Bensaleh, Youssef Alaoui, Karim Tazi. Pour qui voteriez-vous ?
Je soutiendrai un programme et pas un candidat. Si je trouve parmi ces noms un candidat qui a un vrai programme qui respecte trois critères importants qui sont l’autonomie totale de la CGEM, un programme capable de donner à la CGEM un rayonnement international, un programme basé sur une vraie politique de proximité, je le soutiendrai…

Qu’il soit femme ou homme ?
Je ne fais aucune discrimination à ce niveau. D’ailleurs, je n’ai jamais compris pourquoi il y a une association de femmes chefs d’entreprises alors que les problèmes sont les mêmes…

Même si le candidat fait partie du clan que vous qualifiez de conservateur ?
Cela m’étonnerait qu’un candidat du camp des conservateurs présente un vrai programme pour le changement. S’il avait des propositions de changement pourquoi n’a-t-il pas fait ces réformes au moment où il était au pilotage de la CGEM ?

Vous parlez de changement. Qu’est-ce que la CGEM a fait, qu’est-ce qu’elle n’a pas fait, qu’elle aurait dû faire ?
Il faut d’abord reconnaître à la CGEM le mérite d’avoir réhabilité le rôle de l’entreprise. A une époque, cette dernière était méprisée. Ce que la CGEM n’a pas fait, en revanche, c’est qu’elle n’a pas réussi à faire passer des réformes qui se seraient matérialisées par un changement du quotidien de l’entreprise comme la fiscalité, le Code du travail, les relations entre les banques et les entreprises… Elle est toujours restée sur la défensive par rapport à un certain nombre de questions. La CGEM n’a pas pu non plus mobiliser les compétences de notre pays qui ne demandaient qu’une tribune pour exprimer leurs idées.

Le rôle de la CGEM est de faciliter la tâche à l’entreprise là où elle est et quelle que soit sa taille, en l’accompagnant, en la formant, en l’informant, en allant vers elle. On ne peut pas rester dans son bureau à Casablanca et attendre que les entreprises viennent jusqu’à vous. Prenez par exemple le Conseil national du patronat (CNP). Il aurait dû se tenir au moins une fois sur trois dans une région hors de Casablanca, mais cela n’a jamais été le cas. A l’époque d’El Hajjouji, on se réunissait à Tanger, à Agadir, à Oujda… Mais avec ce nouveau bureau, jamais un CNP ne s’est tenu hors de Casablanca. Comment voulez-vous connaître les problèmes de l’entreprise en région ? Comment pouvez-vous prétendre représenter cette entreprise ? La CGEM représente en fait une minorité d’entreprises installées à Casablanca et qui, en plus, ont les moyens de s’exprimer elles-mêmes.

Enfin, la CGEM n’a pas pu fédérer, canaliser ces énergies qui auraient pu lui permettre d’être une vraie force de proposition. Par exemple, elle aurait dû batailler pour que le Conseil économique et social, prévu par la Constitution, voit le jour et en faire un véritable outil de concertation, ce qui lui aurait évité les faux-pas dans les négociations.

Des faux-pas ? quoi par exemple ?
Le Code du travail, l’Assurance maladie obligatoire. Aujourd’hui, on ne peut pas aller négocier des dossiers très techniques en s’appuyant sur des bénévoles. Il faut que la CGEM professionnalise ses négociations en faisant appel à de vrais experts et en les chargeant d’étudier les dossiers pour elle et de la conseiller lors des négociations. Il y a au sein de la CGEM une commission chargée des relations avec le Parlement. Elle n’a jamais fonctionné. Comment voulez-vous que l’on défende les intérêts de l’entreprise si on n’a pas de relais au sein du Parlement ? Il y a d’autres institutions de la CGEM qui n’ont également jamais fonctionné. La Fondation CGEM pour l’entreprise, qui était censée faire des études, en est un exemple. Nous avons eu droit à la présentation d’un plan «quinquennal». A ce jour, nous n’avons encore rien vu venir. Ce n’est pas normal que la CGEM n’ait pas une vraie structure de lobbying auprès de la Commission européenne ou auprès des gouvernements français, britannique, espagnol, américain, ou autre.

La date limite de dépôt des candidatures approche et l’on ne se bouscule pas au portillon…
L’expérience de 2003 en a échaudé plus d’un. Les gens ne veulent pas concourir en sachant qu’ils pourraient perdre. Ils n’ont pas cette notion de compétition, de programmes. Ils veulent partir gagnants. C’est malsain. Aujourd’hui, si on veut être président de la CGEM, il faut venir avec un vrai programme. Notre fédération a quelques idées là-dessus.
Par ailleurs, j’ai l’impression qu’ils attendent l’aval ou le feu vert de quelque part, une main invisible, un parapluie qui leur assure de ne pas être mouillés par la défaite… Cette main invisible est une illusion. Je pense, et compte tenu de la procédure actuelle prévue par les statuts, que personne ne donnera le feu vert à personne. Des candidats parmi les noms que vous avez cités qui comptaient sur un soutien se sont vu répondre clairement : «On ne vous soutiendra pas, faites ce que vous voulez, le champ est libre et ne cherchez pas un soutien auprès de X ou Y. C’est l’entreprise qui va voter».

Quand vous dites «X ou Y», vous parlez de qui exactement ? Du gouvernement ? De partis politiques ?
Je parle de tous ceux qui peuvent influer sur les choses d’une manière ou d’une autre.

«Shab lhal» comme on dit dans notre dialecte…
Shab lhal, comme vous dites, ou pas. Aujourd’hui, c’est l’entreprise qui va voter. Si un candidat est parachuté, nous, PME-PMI, lutterons contre lui et il ne passera pas. Les choses doivent changer et ce n’est pas seulement l’avis de la PME. Nous avons le soutien des grands groupes sur la question.

Et si on vous sollicitait pour être candidat ?
Je ne suis pas preneur, pour le moment.

Vous dites que si demain il n’y a pas de candidat qui vous satisfasse, vous êtes prêt à y aller vous-même, que vous avez un programme tout fait, que vous avez même des candidats tout prêts. Qu’est-ce qui vous empêche de dévoiler ces personnes et d’en faire des candidats officiels dès aujourd’hui ?

Nous sommes cohérents avec nous-mêmes. Nous estimons que le président de la CGEM doit être issu de préférence de la grande entreprise. Maintenant, si parmi toutes ces personnes, tous ces patrons de grandes entreprises, personne ne veut y aller ou qu’on veuille nous parachuter un candidat, et bien nous irons nous-mêmes avec nos candidats et nos compétences.

Parmi les noms que nous avons cités plus haut, qui, selon vous, a le plus de chances de remporter les élections ?
Je ne peux pas vous dire. Cependant, je connais très bien toutes les personnes que vous avez citées. Je connais leurs forces et leurs faiblesses. Je connais ceux d’entre eux qui ont une volonté de changement et ceux qui ne l’ont pas. Maintenant, ce n’est pas moi, Hammad Kassal, qui vais voter mais l’entreprise. Et quand un chef d’entreprise, installé à Taza par exemple, recevra les programmes de chacun des candidats, il les lira, les comparera et choisira celui qu’il sent sincère. Il choisira le programme qui lui permettra de ne plus être marginalisé par rapport aux entreprises de Casa et Rabat. Le chef d’entreprise votera pour le candidat chez qui il sentira du patriotisme, qu’il jugera apte à défendre les intérêts de l’entreprise. Je ne peux pas vous dire qui aura des chances de gagner. Par contre, je peux vous dire qui sont ceux qui n’ont aucune chance de passer car ils sont connus de tous comme n’étant pas des hommes de changement sinon ils l’auraient opéré alors qu’ils sont aujourd’hui aux commandes.

Et qui sont-ils ?
Ils sont connus. Encore, une fois, j’insiste sur le fait que les candidats seront jugés sur leur programme et uniquement sur cela. Et de toutes les manières nous n’avons plus le choix : soit la CGEM optera pour le candidat du changement et ira dans le sens de la dynamique actuelle, soit elle restera à la traîne, laissant les affaires de l’entreprise gérées par des sphères qui n’ont rien à voir avec l’entreprise.

Et s’il n’y avait qu’un seul candidat ?
Ce serait vraiment dramatique et dommageable. Cela voudrait dire que la CGEM, qui existe depuis 1947, est aujourd’hui incapable de produire une élite et une relève. Je ne suis pas pessimiste. Aujourd’hui, les gens se tâtent. Chez nous, et plus particulièrement dans le monde des affaires, on n’a pas une longue tradition en matière de campagnes électorales, de programmes, etc.

Personne ne viendra s’ingérer dans les prochaines élections de la CGEM ?
Je ne pense pas et je ne suis pas le seul à être dans ce cas. Par contre, ce que nos partenaires nous demandent, quelle que soit la sphère à laquelle ils appartiennent, c’est que la CGEM soit une vraie institution patronale capable de rehausser l’entreprise marocaine. Je ne cesserai de le répéter: si quelqu’un est parachuté, il sera combattu ! Donc ceux qui attendent aujourd’hui un parapluie ou l’aval d’une quelconque partie pour se porter candidats n’ont qu’à s’abstenir.

Hammad Kassal Président de la fédération PME-PMI
La CGEM, c’est plusieurs intérêts en jeu et j’estime que quand on en est président, on doit prendre de la hauteur, ne pas écouter uniquement ceux qui ont des intérêts, ceux qui veulent faire passer des choses. La CGEM doit régler les problèmes de tout le monde.