Elections CGEM : et s’il n’y avait pas de candidat ?

Hassan Chami a demandé une consultation juridique sur la décision à prendre si aucune candidature n’est déposée.
Plusieurs noms circulent mais l’hésitation reste de mise.
Les membres de la CGEM restent confiants : on attendra la dernière minute,
comme d’habitude.

Qui sera candidat aux élections pour la présidence de la CGEM ? A trois semaines de l’ouverture de la période de dépôt des dossiers (du 28 avril au 12 mai), personne ne semble vouloir aller au charbon. Une situation similaire à celle vécue par le patronat lors des élections de juin 2003, où les trois candidats avaient attendu la dernière minute pour se déclarer.

Pourtant, cette fois-ci, le contexte est sensiblement différent. En 2003, l’on était à peu près certain que Hassan Chami, l’actuel président, allait se représenter, alors qu’aujourd’hui le flou demeure dans un bord comme dans l’autre. Pire, certains membres dont la candidature était, de notoriété publique, donnée comme certaine, ont font marche arrière, soit parce qu’ils n’ont pas obtenu le soutien officieux de grands groupes, ou encore en raison de l’ampleur de la tâche.

Autre spécificité des élections à venir, les remous qu’a connus l’institution au cours des deux dernières années, et notamment l’émergence de deux camps (conservateurs et modernistes) l’ont exposée davantage.

L’AG de la confédération pourrait décider d’une autre procédure que le recours au tribunal
Le suspense perdure donc, la spéculation enfle et une question se pose : que fera-t-on si, au 12 mai, aucun candidat n’était inscrit sur la liste officielle ?
Cette interrogation n’est pas gratuite. Il y a quelques semaines, le président sortant, Hassan Chami, l’a évoquée, d’autant plus que ce scénario n’est prévu ni dans les statuts ni dans le règlement intérieur de la confédération. Ce faisant, il a demandé récemment, et à toute fin utile, une consultation juridique pour savoir ce qu’il devrait faire au cas où aucun candidat ne se serait inscrit sur la liste électorale au 12 mai. L’information au sujet de cette consultation a été donnée par Hassan Chami lors de la réunion du bureau qui s’est tenue le 23 mars.

Interrogé par La Vie éco, Hassan Chami explique qu’en pareil cas deux scénarios sont possibles. Le premier est qu’il reviendra au juge du tribunal de commerce de Casablanca de désigner un président provisoire pour assurer la continuité, en attendant que des élections puissent se tenir. Autre cas de figure, celui où l’assemblée générale de la CGEM, souveraine en la matière, déciderait d’une autre procédure.
Mais une telle situation peut-elle raisonnablement se produire ? Au sein de la CGEM, on reste confiant. «Je pense qu’il n’y a pas lieu de trop épiloguer sur ce détail car il y aura certainement des candidats», estime Hassan Chami qui confie avoir perçu un frémissement électoral depuis début avril.

Tout le monde semble cacher son jeu
D’ailleurs, de nombreux opérateurs et observateurs soulignent qu’il est prématuré de s’inquiéter.
Pour d’autres, par contre, il n’est pas impossible que l’on se retrouve le 12 mai avec une liste vierge. Qu’est-ce qui motive cette crainte ? En dehors du fait que personne n’a encore annoncé officiellement sa candidature, c’est l’hésitation qui est mise en avant. C’est le cas, par exemple, de Kamil Benjelloun ou encore de My Hafid Elalamy. Le premier, dont le nom avait très tôt circulé sous la bannière du clan dit «conservateur» ou «pro-Chami», ne veut toujours pas annoncer sa décision, même si, dans le microcosme des affaires, une majorité est presque sûre qu’il le fera. L’intéressé, lui, se veut plus prudent. «Vous le saurez le 28 avril», répondra-t-il brièvement à notre question en rajoutant que «la politesse veut que les membres en soient les premiers avisés».

My Hafid Elalamy qui, dans un entretien à La Vie éco (cf. notre édition du 20 janvier), avait nié être candidat, est, lui aussi, dit-on, dans une situation d’indécision totale. Contacté à ce sujet, il réaffirme qu’il ne compte pas concourir, faisant allusion à la lourdeur de la tâche et à d’autres responsabilités déjà très contraignantes. Pourtant, dans son entourage, précisément parmi ses amis et proches, la candidature de My Hafid Elalamy n’est pas du tout écartée. Ceux qui ont eu à le rencontrer récemment ont remarqué que l’homme ne fermait pas définitivement la porte, d’autant plus que beaucoup de ses amis continuent de le solliciter.
Même hésitation chez Bouchaïb Benhamida, président de la FNBTP (Fédération nationale des BTP), connu également pour être très proche de l’actuel président et dont le nom circule depuis quelque temps. L’homme préfère temporiser. A notre question de savoir si oui ou non il compte briguer le poste, il s’est contenté d’une réponse évasive : «Je n’ai pas encore pris ma décision, mais je ferai ce qui me semblera être bon pour la confédération et pour le pays».

Hammad Kessal fait marche arrière
Qui sera donc candidat ? Hammad Kessal, président de la Fédération PME, qui avait assuré, dans un entretien accordé à La Vie éco le 3 février dernier, qu’il serait prêt à aller au charbon au cas où il n’y aurait pas de candidat, ne semble pas prêt à s’engager.

Aujourd’hui, de nouveaux noms apparaissent, à mesure que l’échéance approche. Le dernier en date est celui de Majid Joundy, président de l’Union régionale (CGEM) de Souss Massa Draâ et secrétaire général de l’Unicop (Union nationale des industries de la conserve de poisson). Il avoue avoir entrepris depuis quelques semaines des contacts avec les membres des unions régionales, notamment à Agadir, Marrakech, Fès, Meknès et Tanger dans le but, dit-il «de militer en faveur d’une candidature provenant des unions régionales et de mettre fin au monopole du cercle privé de Casablanca». Cette démarche est peut-être interprétée par certains comme le lancement prématuré d’une campagne électorale. Interrogé sur son éventuelle candidature, Majid Joundy ne répond pas franchement par la négative. «A ce jour, je ne suis pas candidat, mais d’ici le 28 avril, tout peut arriver», indique-t-il. M. Joundy signale que beaucoup d’hommes d’affaires, réceptifs à sa démarche, lui ont suggéré de se présenter lui-même. Pour enfoncer le clou, il annonce être déjà assuré du soutien de 100 adhérents au moins.

Selon le président sortant, un frémissement électoral est perceptible depuis début avril.