Education nationale : une demande

Au total, 13 500 fonctionnaires sur un total de 31 500 candidats au départ ont déjà eu l’accord de leur hiérarchie.
66% des candidats ont 50 ans et plus.
60% sont des hommes.

Plus que quelques semaines ! L’opération «Intilaka» tire à sa fin et l’heure du bilan approche. A-t-on atteint l’objectif ? Ce n’est qu’à la fin du mois de juin qu’on aura la réponse. Mais, entre-temps, les chiffres fournis par le ministère de la Modernisation des secteurs publics (MMSP) sur l’avancement de l’opération indiquent une bonne tendance. Déjà, au 13 mai 2005, près de 31 491 fonctionnaires avaient déposé une demande de départ volontaire. Une première analyse de ces chiffres révèle des faits intéressants. Elément à souligner : près de la moitié des demandes a été enregistrée au niveau du ministère de l’Education nationale (MEN), qui caracole en tête avec 15 541 fonctionnaires candidats au départ. Cette prédominance du corps enseignant est toutefois normale dans la mesure où le MEN est le département qui compte le plus gros des effectifs de la fonction publique, avec près de 274 000 personnes. Dans le même ordre d’idées, ce sont en tout neuf départements, les plus peuplés, qui s’accaparent l’essentiel des demandes de départ. 27 500 au total, soit 87 % de l’ensemble des demandes déposées. Après l’Education nationale, on retrouve l’Intérieur et l’Agriculture, qui ont enregistré respectivement 2 455 et 2 149 demandes (voir tableau)

Plus de la moitié des candidats au départ sont classés aux échelles 10 et plus
En termes de profils, et comme l’on pouvait s’y attendre, le gros des demandeurs appartient aux échelles les plus élevées. Ainsi, 8 660 fonctionnaires hors échelle sont candidats au départ, auxquels il faut en rajouter 4 600 dans l’échelle 11, et 6 000 à l’échelle 10. En tout, ces trois catégories totalisent à elles seules 19 269 demandes. A l’opposé, au niveau des petites échelles, de 1 à 5, on enregistre 3 300 demandes à peine.
D’un autre côté, les dernières statistiques du MMSP font ressortir d’autres éléments tout aussi intéressants concernant le profil des partants. Comme prévu, ce sont effectivement les plus âgés qui pensent partir et aussi les plus anciens, la prime de départ, indexée sur le nombre d’années de service, étant plus intéressante. Ainsi, sur les 31 491 candidats, plus de 60% sont des hommes, avec 19 400 demandes. 80% de ces candidats ont plus de 21 ans de service. Du côté des femmes, on enregistre, jusqu’au 13 mai, quelque 12 100 demandes avec 95% des candidates ayant une ancienneté supérieure à 15 ans. Quant à l’âge, les deux tiers de cette population est dans la tranche de 50 ans et plus, contre 1190 demandes seulement émanant de fonctionnaires âgés de moins de 45 ans.
Reste à savoir combien, parmi ces 31 000 candidats, partiront effectivement car, pour l’heure, toutes les demandes ne sont pas satisfaites. Aujourd’hui, sur les 31 491 demandes de départs déposées, seules 13 500 sont approuvées, soit 43 % environ. Mais, derrière ce chiffre, la situation diffère d’un département à l’autre. Si dans des ministères comme l’Agriculture, l’Intérieur ou encore les Finances, une grande majorité de demandeurs ont eu l’accord de la hiérarchie, dans certains autres départements, la machine semble être bloquée, parfois même de manière inquiétante. C’est le cas notamment au ministère de l’Education nationale (encore lui) où, sur 15 541 demandeurs, seuls 2 520 ont eu un accord, soit à peine 16 % des demandes. Il en est de même pour le ministère de la Santé et celui de la Justice, qui n’ont encore approuvé respectivement que 496 et 428 demandes sur 1 200 environ pour chacun d’eux. Cela dit, au ministère de la Modernisation des secteurs publics, on ne se fait pas de souci car, en plus des 13 500 dossiers approuvés, 9 700 ont eu un accord de principe et seuls 8 200 sont réellement dans l’attente d’une réponse. D’un autre côté, l’opération a encore 40 jours à vivre et le rythme des dépôts de demandes ainsi que celui des accords devront en principe s’accélérer.

Téléboutique, élevage et «mahlaba»

Les dernières analyses des sondages, réalisés quotidiennement auprès des candidats au départ volontaire, indiquent que le nombre de fonctionnaires qui ont déjà un projet est de 695. Et, contrairement à ce qu’on pouvait penser, il ne s’agit pas uniquement de petits projets. La preuve : 264 projets portent sur un investissement supérieur à 500 000 DH, 269 autres sur un investissement entre 100 et 500 000 DH et seuls 124 projets prévoient une enveloppe inférieure à 100 000 DH. En termes de création d’emplois, presque 430 porteurs de projets déclarent vouloir créer trois emplois et plus. Ce qui fait déjà un minimum de 1 200 emplois. Quant aux idées de projets, elles vont de la téléboutique à l’entreprise de gardiennage en passant par la crèche, la clinique de premiers soins, l’élevage de bétail sans oublier les classiques comme le taxi, l’épicerie et la «mahlaba» .

695 personnes ont manifesté leur intention de créer un projet.