Ecosystèmes automobiles : des résultats encourageants et des défis à relever

L’Amica souligne que les réalisations en termes d’investissements, de chiffre d’affaires et d’emplois sont très satisfaisantes. Signature de neuf conventions entre des industriels et les pouvoirs publics. La capacité de production devrait dépasser les 600 000 véhicules.

Signe d’une effervescence qui ne se dément pas, la 5e édition des Automotive Meeting de Tanger-Med a réuni plus de 600 opérateurs de l’industrie automobile. Constructeurs, équipementiers, logisticiens, bureaux d’études, banques et autres…, tous étaient rassemblés lors de cette grand-messe de l’automobile. De quoi dynamiser davantage un secteur en plein croissance.

Dans la continuité de l’édition précédente, qui était consacrée au Plan d’accélération industriel, la présente a fait la part belle aux «écosystèmes», un concept bien «en marche» dans le secteur. Premier temps fort de l’évènement, le bilan des filières déjà structurées en écosystèmes. «Pour l’ensemble des métiers concernés, nous avons dépassé les objectifs arrêtés avec le ministère lors de la signature des contrats de performance», répond à La Vie éco Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine de l’industrie et du commerce automobile (AMICA). Il précise que les réalisations en termes d’investissements, de chiffre d’affaires et d’emplois sont très satisfaisantes. M. Abdelmoumen rappelle que d’autres filières sont en cours de structuration, notamment les systèmes extérieurs et la plasturgie. C’est dire que la recette a pris et les industriels ne comptent pas s’arrêter là ! 

Deuxième temps fort : la signature de neuf conventions entre des industriels et les pouvoirs publics en marge de l’AMT. Ces conventions, qui ouvrent droit à des subventions du Fonds de développement industriel, représentent un investissement total de 440 MDH, doivent créer 2122 emplois et générer 2,26 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’horizon 2020. Le plus gros projet est celui du groupe allemand de câbles Leoni qui s’est engagé sur 156 MDH d’investissements et 1515 créations d’emplois. Les autres conventions concernent les entreprises Novaerum (80 MDH), FAW Automotive (51 MDH), Elastomer Solutions (35 MDH) et Gergonne (42 MDH).

Avec ces investissements et d’autres qui vont venir, la tutelle table sur 165 000 emplois au total et 100 milliards de DH de chiffre d’affaires en 2020. Objectif réalisable si les industriels continuent sur la même lancée, selon Moulay Hafid Elalamy, ministre sortant du commerce et de l’industrie.

A ce titre, le chiffre d’affaires de l’industrie automobile, dopé par la montée en puissance des deux sites Renault à Tanger et Casablanca et l’ouverture future de l’usine PSA à Kénitra en 2019 (date qui a été confirmée lors de l’AMT), devrait atteindre 100 milliards de DH contre 60 milliards attendus pour cette année. La capacité de production devrait, elle, dépasser les 600000 véhicules, l’objectif du ministère et de l’AMICA étant de parvenir à terme au million avec l’arrivée d’un troisième constructeur (des pourparlers sont en cours selon des échos du secteur).

La plateforme automobile marocaine doit gagner en profondeur

Cependant, pour pérenniser ces acquis et aller vers de nouveaux paliers de croissance, l’intégration en profondeur de la filière est appelée à être améliorée. «Le secteur est certes sur une bonne trajectoire avec une dynamique très soutenue. Toutefois, nous devons encore travailler sur l’approfondissement industriel de la filière. D’ailleurs, c’est l’objet de ce rendez-vous qui vise à densifier le tissu sur tous les rangs», explique Tajeddine Bennis, directeur général de l’emboutisseur SNOP et président du collège «Industrie» à l’AMICA.

Ce constat est aussi fait par les constructeurs qui insistent sur l’obligation pour la plateforme automobile marocaine de gagner en profondeur sur les rangs 2 et 3 des équipementiers, qui reste insuffisante selon eux. Renault Maroc, avec son Ecosystème Renault, créé début avril, s’est engagé auprès des pouvoirs publics à porter le taux d’intégration locale de l’usine de Tanger de 40% à 65% d’ici à 2023. Du côté de PSA, l’ouverture du site en 2019, avec une production cible de 200000 véhicules et moteurs par an en 2024, va certainement avoir un effet d’entraînement sur la densification du tissu industriel.

A souligner que le constructeur français a tenu avec l’AMICA une petite rencontre qui était très attendue par les professionnels. Selon des informations recoupées, une vingtaine de nouvelles usines doivent s’implanter, dans un premier temps au Maroc, pour fournir le projet PSA.

Autre défi de taille pour la plateforme Maroc : comprimer au maximum les coûts logistiques car le pays peut devenir une base arrière de l’automobile de l’Europe du sud. A l’AMICA, l’on indique que les efforts des industriels sont arrivés à diviser par trois le tarif de transit des camions par le détroit. «De même, nous avons amorcé la création d’une ligne maritime entre Tanger et Vigo, ce qui confère plus de compétitivité aux équipementiers installés au Maroc voulant livrer le site de PSA à Vigo dans le cadre du sourcing», informe-t-on à l’AMICA.