Eco-construction : Zelij Invent lorgne les investisseurs étrangers

Créée fin 2016, la start-up écolo souhaite lever des fonds pour pénétrer le marché du carrelage. Ses produits sont fabriqués en recyclant des déchets.

Quelque 3 millions de DH. C’est ce que souhaitent lever les deux jeunes fondateurs de Zelij Invent auprès des investisseurs ou business angels. Primée récemment, à Séoul, en Corée du sud, «Greenpreneur Program», la jeune pousse marocaine n’en finit pas de séduire depuis sa création en 2016.
Inspirée de l’économie circulaire, Zelij Invent veut produire des pavés autobloquants et du zellige traditionnel à base de plastiques recyclés à partir des déchets ménagers et industriels.

A la fois moins chers, durables et plus robustes, ses deux produits ont été testés et prototypés. «Nous avons pris du temps pour améliorer le concept et écouter le marché. Au départ, nous voulions produire uniquement du carrelage de l’intérieur. Nous ciblons désormais les pavés autobloquants et le zellige, des créneaux où le potentiel d’innovation est plus important», indique Saif Eddine Laalej, co-fondateur de la start-up. Exit les produits et les prix qu’avait communiqués le futur lauréat de l’ENCG Tanger à La Vie éco en avril dernier dans un précédent article. «Ce virage est tout à fait évident pour une start-up», poursuit-il.

Le procédé de fabrication est en cours de brevetage à l’international. En effet, la start-up marocaine n’est pas la seule dans le monde à vouloir produire des matériaux de construction à base de plastiques recyclés. Ce qui la différencie, d’après notre interlocuteur, c’est sa propre formule de dosage des différents intrants, dont le plastique. Zelij Invent prévoit le démarrage de son activité à Casablanca avec un outil industriel d’une capacité de 8 000 m3 par mois et 13 employés. Le capital que souhaite lever la start-up englobe le tout : brevetage, unité de production et fonds de roulement.
«Comme il est encore rare de trouver des investisseurs au Maroc prêts à risquer dans une start-up, nous ciblons les investisseurs étrangers», informe Saif Eddine Laalej.

Malgré les incitations fiscales prévues par la Loi de finances 2018 en faveur des entreprises innovantes et la mise en place du Fonds Innov Invest de la CCG, il faut dire que financer sa start-up demeure un parcours du combattant. Très peu d’entre elles accèdent au financement. «Le dispositif de financement et d’accompagnement est inadapté à la réalité des start-up», déplore notre interlocuteur, pour qui il est nécessaire de mieux cibler les bénéficiaires et recruter des experts du financement des entreprises innovantes, pour que ce denier porte ses fruits.

Résultat des courses, les jeunes entrepreneurs se tournent surtout vers des programmes internationaux qui proposent accompagnement et renforcement de capacités. Ceux-ci peuvent parfois offrir la possibilité de rencontrer des business angels et des capital-risqueurs étrangers sans lesquels une start-up ne peut grandir. C’est le cas de Vul9 Security Solutions, une start-up marocaine de cybersécurité dont les deux jeunes fondateurs ont fait récemment la Une de «Forbes Middle East». «Ils ont malheureusement fini par poursuivre leur aventure aux Emirats Arabes Unis alors que le Maroc gagnerait plus à garder ce genre de projet», conclut notre interlocuteur.