Echanges extérieurs : le e-banking gagne du terrain dans les règlements à l’international

La flexibilité des plateformes électroniques encourage les entreprises à opter pour le e-banking. Les banques cherchent à décongestionner et alléger leurs services. Le forfait mensuel est de 140 à 300 DH.

La clientèle des entreprises adhère de plus en plus aux solutions e-banking pour dénouer ses opérations de commerce international. Selon un responsable de desk international d’une grande banque de la place, entre 30 et 35% des transactions de son service sont dénouées via une plateforme électronique sans aucun support physique. Un chargé d’affaires ajoute que les entreprises apprécient surtout la flexibilité de ces plateformes, sachant qu’elles sont accessibles de n’importe où et à n’importe quelle heure via un lien internet, à la fois pour consulter et pour réaliser des transactions, sans devoir télécharger d’applications au préalable.

Abondant dans le même sens, Karim Kortbi, responsable de la veille réglementaire internationale au Crédit du Maroc, assure que si la clientèle adopte ces solutions, c’est surtout en raison des gains énormes de temps et de coût qu’elles présentent. «Si la quasi-totalité des multinationales s’y sont mises il y a quelques années, de plus en plus de PME initient et dénouent leurs transactions, selon un circuit devenu rodé, à travers ces solutions de e-banking international», informe un directeur de banque. En mettant en place ces solutions, les banques cherchent à mieux servir une clientèle très regardante sur les délais et les coûts, et en même temps à décongestionner et alléger leurs services. En parallèle, elles répondent à une contrainte du marché : les principales parties prenantes du commerce extérieur ont basculé vers la dématérialisation des documents. «Il faut dire que PortNet qui s’est imposé en tant que guichet unique des opérations du commerce international a clairement poussé les banques à dématérialiser davantage leurs échanges avec les usagers», commente M. Kortbi. En contrepartie, «l’implication des banques est décisive pour réussir le chantier de la dématérialisation des opérations du commerce international», insiste Jalal Benhayoun, DG de PortNet.

En effet, la mécanique semble bien huilée. Depuis avril 2015, les opérateurs sont obligés de domicilier les titres d’importation sur PortNet. Ensuite, cette domiciliation doit être validée par la banque.

Plusieurs plateformes commerciales sont mises à la disposition des clients corporate

Sur la même plateforme, la Douane impute le titre domicilié. Vient alors la phase du règlement du fournisseur (hors périmètre PortNet). C’est là que le vrai apport des banques apparaît. Aujourd’hui, plusieurs plateformes commerciales sont mises à la disposition des clients corporate. Sogetrade de la Société générale, CDM e-trade de Crédit du Maroc, Connexis trade de BMCI, Online Trade d’Attijariwafa bank…, pour ne citer que les pionniers. Très proches au vu de leur architecture informatique, ces solutions de e-banking à l’international donnent la possibilité de régler à distance des opérations de commerce international quel que soit le moyen de paiement (ouverture des crédits documentaires, ordre de paiement des remises documentaires, virement à l’international) et demander des refinancements. Elles permettent aussi de suivre en ligne l’état d’avancement des dossiers et d’échanger avec la banque toutes les informations liées à ces opérations. Les clients peuvent également télécharger des accusés Swift des opérations initiées. De surcroît, l’utilisateur a la possibilité de personnaliser, extraire et recevoir par mail des rapports sous différents formats (écran, CSV ou PDF) pour un meilleur suivi des opérations (statistiques et reportings). Deux points forts : l’utilisation est facile et en toute sécurité (un identifiant, un mot de passe et un système de cryptage performant) et l’entreprise peut gérer les habilitations et les plafonds de validation par utilisateur.

Par ailleurs, le responsable desk international souligne que la majorité de ces plateformes e-banking offrent des prestations de conseil et d’assistance surtout en matière de réglementation des changes, qualifiée de complexe et souvent au «cas par cas». Ce qui rend l’intervention des spécialistes de la banque obligatoire pour orienter le client à travers des entretiens téléphoniques en communiquant les références de la transaction.

Il existe des passerelles entre ces plateformes et PortNet selon le workflow propre à chaque banque et selon le degré de technicité qui varie d’un établissement à l’autre. Par exemple, plusieurs de ces plateformes commerciales permettent aujourd’hui de générer automatiquement le statut «réglé» sur PortNet quand l’opération est dénouée à la banque. Ce qui donne de la visibilité aux autres parties prenantes de la chaîne du commerce extérieur.

Côté prix, les banques facturent un forfait mensuel qui va de 140 à 300 DH en moyenne. «L’expérience avec la clientèle corporate démontre que le prix ne pose aucun problème. L’entreprise voit surtout l’économie et le gain en efficacité dégagés grâce à l’utilisation de ces solutions», confie M. Kortbi qui trouve les prix pratiqués symboliques.