Echanges extérieurs : des performances en demi-teinte sur les quatre premiers mois

Les importations continuent de progresser à  un rythme beaucoup plus rapide que les exportations.
Les phosphates et dérivés en forte hausse, alors que le textile souffre.
Les avoirs extérieurs se sont légèrement dépréciés.

L’évolution des échanges extérieurs est peu favorable sur les quatre premiers mois de l’année. A fin avril, la balance commerciale (biens et services) affichait un déficit de 34,9 milliards de DH, en hausse de 27% par rapport à la même période de 2009. D’après les statistiques de l’Office des changes, le taux de couverture est descendu de 70,4 à 66,7%. Ce repli est exclusivement provoqué par la balance des marchandises dont le solde négatif s’est aggravé, passant de 46,3 milliards de DH à 53,2 milliards entre les deux périodes. La raison est que les importations ont progressé de 12,6% à 93,7 milliards de DH et les exportations beaucoup moins rapidement : + 9,7%, à 40,5 milliards.
La demande étrangère est particulièrement importante sur les demi-produits et les produits bruts d’origine minérale, animale et végétale qui se sont tous inscrits en hausse.
Les recettes tirées des premiers totalisent 13,5 milliards de DH, soit une progression de 83%. Cette évolution est favorisée par l’expansion des ventes de phosphates et dérivés. L’acide phosphorique a ainsi rapporté 3,8 milliards de DH, soit 78,6% de plus qu’à fin avril 2009. Les engrais chimiques ont généré 2,74 milliards de DH contre 1,1 milliard. La valeur des produits bruts s’est, quant à elle, appréciée de 51,9%, à 5,7 milliards de DH.

Les transferts des MRE augmentent de 12%

Toutes les autres familles de produits (équipement, agroalimentaire et énergie) sont en recul. L’un des secteurs en première ligne, le textile, n’est pas au mieux, même si beaucoup d’industriels disent le contraire. Tant en poids qu’en valeur, les exportations de vêtements confectionnés ont régressé de 4,6% et 25%, à 187 000 tonnes et 4,9 milliards de DH. Pour la bonneterie, le volume s’est apprécié de 18,1% tandis que les recettes ont fondu de 24,3%. Dans les deux cas, il apparaît clairement que les opérateurs ont été obligés de rogner leurs marges pour vendre.
Du côté des importations, la facture est en grande partie alourdie par le pétrole. Les décaissements ont atteint 21,2 milliards de DH, en hausse de 51,8%. Le poids a certes augmenté, mais cette hausse conséquente tient à la remontée des cours du brut.
Pour les flux de capitaux, les recettes MRE ont progressé de 11,9%, à 16,3 milliards de DH, alors que les investissements et prêts privés étrangers ont chuté de 40,2%, à 6,4 milliards de DH. En fin de compte, les avoirs extérieurs sont ramenés à 179,1 milliards de DH au lieu de 189,4 milliards, soit un repli de 5,4%.