E-commerce : 700 sites marchands affiliés au CMI

1,3 milliard de DH, c’est le montant des opérations électroniques en 2015, en hausse de 12,4%. L’apparition de nouveaux services gouvernementaux payables en ligne devrait tirer vers le haut les transactions électroniques.

S’il y a bien un secteur qui est organisé, régulé et qui affiche des réalisations en hausse continue, c’est bien celui du e-commerce. En effet, les transactions électroniques ont totalisé, à fin 2015, 2,5 milliards d’opérations, en progression de 22,5% par rapport à l’exercice 2014. En volume, elles ont augmenté de 12,4% pour se hisser à 1,3 milliard de DH. Toutefois, ces performances ont été accompagnées d’un recul du panier moyen de 8,3% pour s’établir à 539 DH, en raison surtout de la baisse des montants des factures à payer et des achats en ligne, sachant même que tout le e-commerce se base essentiellement sur 3 secteurs d’activité qui accaparent 81,3% des transactions globales. Le 1er est représenté par les compagnies aériennes qui ont engrangé un volume de 418 MDH, en hausse de 7,2%, le 2e lié au secteur des télécoms, affiche un volume d’affaires en hausse de 17,5% à 368 MDH et le dernier, à savoir les régies d’eau et d’électricité dont les opérations en ligne ont augmenté de 30,5% à 206 MDH. Cela dit, les transactions électroniques liées au e-gov commencent à prendre de plus en plus d’ampleur. Elles ont réalisé une croissance de 28,7% à 72 MDH «grâce au paiement des taxes, des amendes pour le radar fixe, et dans une moindre mesure des opérations de dédouanement», explique Mikael Naciri, directeur général du Centre monétique interbancaire (CMI). L’opération de paiement de la vignette en ligne, initié par l’Etat à partir de décembre 2015 et qui s’est étendue jusqu’à février 2016, n’est pas en reste.

Hormis ces 4 secteurs, tous les autres sites marchands affiliés au CMI, qui sont au nombre de 700, réalisent le reste du chiffre d’affaires, avec une prédominance des transactions liées aux hôtels, aux services professionnels, aux agences de voyages, location de voitures…

Les internautes optent pour le paiement en liquide à la livraison

Des transactions en hausse, un secteur qui a le vent en poupe, mais des inquiétudes qui persistent et qui ont trait essentiellement au manque de confiance des internautes. Ce manque de confiance n’est pas lié, selon M. Naciri, au paiement sur internet lui-même, mais plutôt à la crainte de recevoir une marchandise non conforme à celle qui a été commandée. D’ailleurs, une étude réalisée par l’institut Averty, en partenariat avec Genious communication sur l’usage d’internet, du mobile et du e-commerce chez les Marocains, montre que 34,7% des sondés sont plutôt confiants et 26% sont tout à fait confiants.

Par ailleurs, 37% des personnes objet de cette étude avancent la confiance dans l’après-vente comme principale raison de non-achat en ligne, alors que 27% et 20,8% respectivement craignent la sécurité de paiement et le manque de protection des données personnelles. A côté, 15,3% n’ont toujours pas franchi le pas en raison de l’absence de conseil lors de l’achat en ligne. Quoi qu’il en soit, vu le changement des cultures, l’usage plus développé des Smartphones ainsi que l’arrivée d’une nouvelle génération d’utilisateurs digitaux, les habitudes de paiement commencent à changer. Les internautes se dirigent progressivement vers les sites pour effectuer leurs achats. Hamza Aboulfeth, fondateur de Genious, souligne que 55,5% des personnes sondées qui n’ont jamais eu d’expérience d’achat sur internet comptent franchir le pas dans le futur. Cette orientation des achats vers la Toile est redevable certes aux différentes mutations technologiques mondiales dont se sont imprégnés les consommateurs, mais elle est attribuée aussi aux efforts fournis par l’ensemble de l’écosystème (CMI, banques, commerçants marchands) pour sécuriser les transactions à un plus haut niveau. Allusion faite à la mise en place du processus d’authentification 3D Secure. Ce système dont disposent toutes les banques au Maroc permet non seulement d’authentifier les transactions et mettre ainsi en confiance le porteur de cartes, mais également de dégager la responsabilité  de remboursement du commerçant en ligne. En cas de fraude, toute la responsabilité incombe désormais à la banque et non au marchand, ce qui n’était pas le cas auparavant. Ce qui est certain, assure M.Naciri, c’est que depuis la mise en place de ce dispositif, le nombre de tentatives de fraude sur les cartes bancaires marocaines est devenu insignifiant. «Les fraudes ou les tentatives de fraude sont réalisées, à hauteur de 98%, par des cartes bancaires étrangères», ajoute-t-il.

Cependant, malgré tous les efforts consentis par les parties concernées pour développer le e-commerce, le réguler, le sécuriser et le porter à un haut niveau, il reste que les internautes optent, lors de leurs achats, pour le paiement en liquide, à la livraison, et non directement sur internet. En effet, les transactions en ligne ne représentent que 10% de la vente d’un site en moyenne, sachant que d’autres sites tournent autour de 2 ou 3%. Mais quoi qu’il en soit, le e-commerce ne devrait pas interrompre sa tendance haussière les prochaines années. Le CMI a prévu qu’en 2016 le nombre de transactions globales devrait augmenter de 23,7% pour atteindre 3,1 millions. Ce qui devrait correspondre à un montant de 1,6 milliard de DH, en progression de 19% et serait généré à hauteur de 90,5% par l’activité domestique. Cette performance serait tirée certes par les 3 secteurs phares, à savoir les compagnies aériennes, les télécoms et les régies d’eau et d’électricité mais également par l’e-gov, surtout avec la mise en ligne prochaine de nouveaux impôts et taxes payables en ligne, comme l’IR, l’IS et la TVA.