Dyar Al Mansour passe dans le giron de la CGI

L’annonce officielle de cette opération sera faite dans quelques jours Actuellement filiale de la CDG, Dyar Al Mansour a réalisé un chiffre d’affaires de 320 MDH en 2007 et table sur 450 MDH pour 2008.

La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) joue les synergies. Elle s’apprête à céder, dans les jours à venir, sa filiale Dyar Al Mansour (DAM) à la Compagnie générale immobilière (CGI). Les deux filiales immobilières ainsi réunies, l’avenir de la CGI en Bourse est des plus prometteurs.

L’importante opération médiatique entreprise par Dyar Al Mansour, début juin, visait justement à préparer sa nouvelle filiation, même si, en apparence, il s’agissait d’une simple opération de relations publiques. Une annonce officielle devrait donc être faite en ce sens dans les prochains jours. Chez les principaux concernés contactés par La Vie éco, on n’avait cependant pu ni confirmer ni infirmer l’information au moment où nous mettions sous presse.

En attendant, on peut déjà prévoir les bienfaits d’une telle opération au vu de la taille de l’activité de Dyar Al Mansour. Cette dernière pèse 106,15 MDH en capital social et a enregistré un chiffre d’affaires de 320 millions pour 2007. Cela représente 120 MDH de plus qu’en 2006, soit une progression de 62,5%. Et le meilleur est à venir. «Pour 2008, nos prévisions d’activité sont de l’ordre de 450 MDH», annonce Abdellatif Fazouane, son DG. Les choses semblent donc bien aller pour cette société, passée maître dans l’art du relogement des bidonvillois.

5 100 logements en construction
L’histoire de DAM remonte à 1968. A l’époque, la CDG avait fait construire un hôtel à Errachidia. Le Ksar Essouk Motel, société anonyme créée à cet effet, est devenu une coquille vide au fil des ans. La CDG l’a réutilisée en 2002, pour créer la Société de développement Al Kora. D’abord constituée pour réaliser l’ambitieuse opération de relogement des habitants du douar Al Kora, à Rabat, la société a poursuivi ses opérations de promotion immobilière et de renouvellement urbain. En 2004, la CDG l’a baptisée Dyar Al Mansour, nom sous lequel elle est connue aujourd’hui.

Si la société a connu un tel succès, c’est sans doute grâce à son expérience avec le douar Al Kora, à Rabat. «Ce bidonville était probablement le plus ancien du Maroc. Selon nos renseignements, il aurait été fondé en 1901!», raconte M. Fazouane. C’est que la technique du «tiroir», employée par DAM, permet une efficacité optimale.

«Nous libérons d’abord une partie du foncier. Au moment où la construction de la première tranche débute, une équipe est déployée sur le terrain. Elle sensibilise les bidonvillois, et se charge d’expliquer le fonctionnement de l’opération et de discuter des indemnités, le cas échéant», explique-t-il. Une fois la première tranche prête à être livrée, les clés sont distribuées aux nouveaux propriétaires, et les baraques détruites. L’espace requis pour la deuxième tranche est alors libéré, et ainsi de suite.

En d’autres termes, le relogement des habitants in situ, ou au maximum deux à trois kilomètres plus loin (rien à voir avec d’autres opérations où des centaines de familles ont carrément été «déportées» à des dizaines de kilomètres), et l’accompagnement social contribuent à la réussite des projets de DAM.

«Nous avons installé un guichet unique, qui permet au chef de famille de devenir propriétaire dans la même journée», rappelle M. Fazouane. Tous les intervenants y sont présents : CIH, notaires, Caisse centrale de garantie, concessionnaire de l’eau, électricité et assainissement, commune urbaine, etc. Dyar Al Mansour va jusqu’à mettre des camions de déménagement à la disposition des nouveaux propriétaires, le jour de leur emménagement.

Al Kora, opération d’envergure achevée en 2005, aura coûté 740 MDH, auxquels le Fonds Hassan II pour le développement économique et social a contribué à hauteur de 212 millions. Au total,
2 200 logements et 665 commerces ont été construits. Une partie du projet immobilier a bien sûr été réservée à des unités de logements promotionnels de standing, selon un système de péréquation.

Deux projets en cours et cinq autres en préparation
Deux autres projets sont en cours de réalisation, toujours selon le modèle du tiroir. Mers El Kheir, à Temara, s’achèvera avec la livraison des derniers logements à la fin de ce mois, pour un total de 1 432 logements et 137 commerces. Le projet a engagé plus de 400 MDH. Egalement située à Témara, l’opération Annasr est toujours en cours.

A terme, elle aura permis de reloger 3 700 ménages dans des appartements de 65 m2, acquis au prix de 73 000 DH. Cinq autres chantiers sont actuellement en préparation : trois à Rabat et deux à Mohammédia. Ils permettront la construction de 6 293 unités de logements et de 150 commerces. Mieux, la société étudie même des projets importants au Sénégal et en Mauritanie. Dyar Al Mansour a donc le vent en poupe et peut se permettre d’être optimiste, en attendant d’aller gonfler la valeur en Bourse de sa future maison mère, la CGI .