Du vert chez soi… désormais pour tous

Inutile d’avoir la main verte. Des systèmes révolutionnaires prennent soin des plantes. La mode est au grand pot contenant de petites plantes. Orchidées et bonzaïs reviennent en force.

Inutile d’être au diapason avec son époque, qui veut que l’on soit tous écologistes, pour savoir que les plantes d’appartement procurent beauté, gaieté et santé à nos intérieurs souvent trop conformistes, high-tech et fonctionnels. Les plantes vertes symbolisent la vie. Elles sont une touche de vraie nature dans un monde de plus en plus virtuel, et pour ceux qui n’ont pas la chance de posséder un immense jardin qui fait écho à l’éden paradisiaque, elles en sont un petit rappel. Véritables éléments décoratifs vivants, les plantes d’appartement épousent aussi les tendances. Ce qui permet de varier les décors, de changer d’ambiance au gré de ses humeurs. Youssef Haddadou, diplômé du lycée horticole d’Antibes et propriétaire de la boutique Vert d’O à Casablanca, nous indique que «l’esprit le plus tendance veut que le contenant domine le contenu». Et ce dernier de nous montrer des pots de 1 à 1,50 mètre de hauteur abritant des plantes n’excédant pas 30 cm! «Voici quelques années, c’était le contraire. Des pots de taille moyenne avec des plantes gigantesques. Aujourd’hui, les proportions ont été inversées. L’aspect proprement décoratif provient d’ailleurs du contenant puisque ces pots sont en plastique, en polyester, en bois, en céramique, en fibre de verre, en cuir ou encore en résine. Toutes ces matières sont déclinées dans plusieurs couleurs», explique Youssef Haddadou.

Best seller 2011 : Le zamioculcas

Certes, le contenant a son importance, mais il demeure indissociable du contenu. Et côté plantes, si on devait ériger un podium, trois curiosités graviraient successivement les marches. Au premier chef le zamioculcas, puis l’areca et le draceana janette. «Dans notre métier, la mode est bien là. Chaque année une plante se distingue et, en 2011, le best-seller est le zamioculcas», note Youssef Haddadou. Comme dans l’habillement, la mode peut aussi être un retour à d’anciennes modes. Ainsi, comme pour les styles «vintage», on assiste à un retour des orchidées et des bonzaïs, ainsi que des pots suspendus. Pour ce qui concerne les premières, contrairement à l’ancienne génération, l’entretien est beaucoup plus aisé. Quant aux micro arbustes japonais, si le prix est désormais accessible, la qualité a périclité. Mais la mondialisation est aussi synonyme de consommation ; la quantité prévaut sur la qualité et bien des plantes sont considérées comme du «consommable».

Pot révolutionnaire

Mais quid de l’entretien ? Faut-il absolument avoir la main verte pour conserver de jolies plantes d’appartement ? Si Youssef Haddadou conseille toujours d’exposer nos plantes à la lumière mais pas directement au soleil, il est ravi de nous montrer un système révolutionnaire, lequel nous débarrasse enfin du souci d’arrosage. En effet, désormais c’est un pot qui gère cette fonction cruciale. Ses parois peuvent contenir deux litres d’eau. La plante absorbe alors ce dont elle a besoin naturellement, ni plus ni moins !
Pour ce qui est des prix, si on évoque «le consommable» qui peut être une bonne idée cadeau, il existe des plantes aquatiques pour vases transparents à 150 dirhams ou de petites orchidées avec leur vase à 250 dirhams. Le petit zamioculcas et son grand pot esthétique s’affiche, lui, à partir de 2500 dirhams. Les plantes vertes sont donc un beau, sain et peu onéreux moyen de décorer ses espaces intérieurs.

Fraîcheur des fleurs

Quant aux bouquets fleuris, on peut opter pour deux versions : naturelle et artificielle. Toutes les deux ont leurs inconditionnels. Pour l’artificiel, l’illusion est stupéfiante, parfaite ; c’est pratique et commode. Pour les fleurs coupées, il en va autrement. D’ailleurs, selon le propriétaire de Vert d’O, «le métier de fleuriste est complètement différent. Il incombe d’être vigilant sur la fraîcheur des fleurs, surtout qu’ici les artisans-fleuristes ne possèdent pas de chambre froide. Il vous suffit donc de regarder la tige, puis les sépales et les pétales de la fleur. Les sépales doivent absolument assurer un maintien ferme à la fleur. Ils doivent envelopper les pétales et non retomber», avertit Youssef Haddadou. Autres avantages du naturel par rapport à l’artificiel : on voit vivre la fleur. Elle s’épanouit, distille ses senteurs, change de couleurs… pour finalement mourir.