Doukkala : cap sur les cultures sous serres et les produits du terroir

Betterave, olives, cà¢pres, viandes rouges, laitÂ…, la région dispose d’une agriculture diversifiée qui ne demande qu’à  être développée.
10,5 milliards de DH y seront injectés dont 43% en investissement de la part de l’Etat.
A l’horizon 2020, l’activité agricole régionale créera 86 300 emplois stables en milieu rural, soit 64% de plus qu’aujourd’hui.

Le diagnostic

Le principal trait de la région est qu’elle a vu se développer une filière intéressante des cultures de primeurs sous serres mais qui n’arrivent pas s’étendre en termes de superficies. Ainsi, les céréales en bour continuent d’occuper une importante superficie et 27% de l’emploi régional, sans pour autant afficher des niveaux de rendements et de rentabilité acceptables (2 131 DH/ha). En revanche, les cultures de bananiers, avocatiers et de la vigne irriguée dégagent de hautes valeurs ajoutées (70 000 à 100 000 DH/ha), mais n’occupent pas plus de 2 000 ha. La betterave sucrière, le câprier, les céréales en irrigué, l’arboriculture fruitière, et les fourrages en irrigué dégagent des valeurs ajoutées variant entre 9 000 et 13 000 DH/ha.
Pour les activités d’élevage, la filière laitière représente le plus grand contributeur au chiffre d’affaires et à la création de valeur ajoutée, ainsi que le plus grand consommateur d’emploi dans le secteur de la production animale. La région compte, en effet, un cheptel de 130 000 têtes de vaches laitières (dont 93% de race améliorée). Ces dernières ont une productivité de 3 500 litres par tête en zone irriguée et 2 100 litres par tête en zone bour. Par contre, la production globale de viandes bovines, ovines et caprines représente le premier contributeur au chiffre d’affaires du secteur, bien que consommant moins d’emplois. Comme pour la région voisine de Chaouia-Ouardigha, les principaux opérateurs du secteur laitier sont déjà fortement présents comme Nestlé, Superlait, Centrale laitière.

Ce que prévoit le plan régional

L’investissement global est estimé à 10,5 milliards DH durant la période 2009-2020. 69% de ce montant concerne le développement de systèmes de production végétale, 31% le développement des systèmes de production animale et 1% de la somme porte sur les projets transverses. L’Etat prendra en charge 43% des investissements alors que les agrégés avanceront 46% des investissements et les agrégateurs les 11% restants. Au total, ce sont 96 projets dont 83 projets dans le premier pilier et 13 projets dans le second pilier (production végétale et animale confondues) qui sont prévus pour la région.
Grâce à un investissement de 7,3 milliards DH, 65 projets de production végétale visent à l’agrégation dans la production du blé dur et tendre, ainsi qu’à l’intensification de la production de semences de céréales et de légumineuses alimentaires. Ils ont également pour objectif l’amélioration de la productivité et l’intensification de la production du maraîchage de primeurs, du maraîchage de saison et, accessoirement, du maraîchage biologique (aujourd’hui encore inexistant), Enfin, ce plan régional permettra l’intensification de la production de la betterave sucrière, de la vigne de table, le développement de l’olivier irrigué et du câprier.
La production animale bénéficiera d’une enveloppe d’investissement de 3,23 milliards DH qui permettront la réalisation de 31 projets d’intensification et de valorisation de la production de viandes rouges bovines, ainsi que la réhabilitation et la modernisation de 5 abattoirs et 5 marchés aux bestiaux. Il faut y ajouter des projets d’intensification de la production de viande de volailles, d’agrégation de la production de lait, et de développement de la production de miel.
Pour accompagner ces projets, 5,7 milliards DH seront investis dans les actions transverses, notamment dans le domaine de la modernisation du système d’irrigation, du défoncement et épierrage, et de la mobilisation des eaux d’irrigation à partir du Oued Oum Rbiaa.

Les impacts attendus

Au terme du Plan régional Doukkala -Abda, la valeur de la production végétale et animale augmentera de 166% à l’horizon 2020. La valeur de la production végétale progressera de 59% et celle de la production animale de 76%.
La reconversion des superficies actuelles  de la luzerne et du bersim en maïs fourrager sous irrigation localisée permettra une valorisation de l’eau d’irrigation de 9 DH/m3  au lieu de 1 à 3 DH/m3 actuellement. L’introduction de cultures  de haute valeur ajoutée en grande hydraulique entrainera une meilleure valorisation de l’eau d’irrigation (primeurs et raisins de table par exemple).
A l’horizon 2020, l’activité agricole régionale créera 86 300 équivalent emplois stables en milieu rural, soit 64% de plus qu’actuellement. 14,1 millions de journées de travail supplémentaires seront générées par les activités de production végétale et 11,7 millions seront issues des activités de production animale.