Divergences entre le ministre du Tourisme et les opérateurs

Adil Douiri aurait demandé aux opérateurs de limiter leurs déclarations
à la presse n Plusieurs d’entre eux y voient le refus de laisser
s’exprimer une opinion critique.

LaFédération du tourisme CGEM, dont le nouveau bureau a récemment été installé, et le ministère du Tourisme ont tenu leur première réunion officielle, vendredi 20 février. Cette rencontre, somme toute classique, aurait pu passer inaperçue si le ministre du Tourisme, Adil Douiri, n’avait insisté auprès de l’assistance pour qu’aucune information sur cette rencontre ne soit divulguée à  la presse. Cette demande a quelque peu surpris nombre d’opérateurs présents dans la salle. «Jamais un ministre n’a traité de la sorte les opérateurs privés ; nous sommes tout de même libres de communiquer comme bon nous semble», s’insurge Abderrahim Oumani, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), pour qui la demande du ministre est assimilée à  «un diktat». Et d’ajouter, «je n’étais pas présent à  cette réunion à  cause d’autres engagements, mais si c’est ainsi, la FNIH risque de boycotter toutes les prochaines». D’autres opérateurs, qui ont préféré garder l’anonymat, ont également manifesté leur étonnement et vont plus loin dans l’interprétation : «Il semblerait que du côté du ministère, on n’accepte pas les critiques, et c’est pour cette raison que l’on veut museler les opérateurs et la presse», souligne l’un deux. Sur ce point, le ministre a un avis différent, pour lui, la concrétisation des actions programmées au titre de l’année 2004 est sujette à  aléas et c’est pour cette raison qu’il a demandé au opérateurs de s’abstenir de communiquer. Quoi qu’il en soit, la réunion du vendredi 20 févreier a été productive puisqu’elle a permis de faire un tour d’horizon des chantiers en instance.
Bientôt des Assises régionales du tourisme
Ainsi, les différentes commissions, ainsi que la FNIH et la FNAV (Fédération nationale des agences de voyages) ont présenté leur plan d’action et leurs doléances pour le secteur. Pour la FNIH, les mesures à  prendre par le ministère de tutelle sont de différents ordres. On notera notamment l’accélération de la réforme de la fiscalité locale, l’élargissement du champ de couverture promotionnelle aux marchés scandinaves, de l’Europe de l’Est et aux pays arabes, ou encore la simplification de la procédure d’octroi de crédit dans le cadre du mécanisme Rénovotel. Les hôteliers veulent également que soit mis un terme à  la concurrence déloyale exercée par les centres d’accueil gérés par les COS (centres des Å“uvres sociales). Ces derniers accueillent des congrès et proposent des offres aux tour-opérateurs et agents de voyages à  des prix défiant toute concurrence. Pour sa part, la FNAV réclame l’application de la clause de l’accord-cadre relative au taux de TVA à  10 %, la mise en place d’une charte d’éthique interprofessionnelle et l’activation du règlement des factures dues par l’ administrations aux voyagistes. Il a ensuite été convenu que la Fédération du tourisme serait davantage associée aux chantiers lancés par le ministère de tutelle. Deux cadres permanents du ministère seront ainsi détachés vers la fédération. Par ailleurs, il est sérieusement envisagé de mettre en place des Assises régionales du tourisme, telles que prévues par le contrat-programme. «Ce seront des réunions de travail pour sensibiliser élus locaux, opérateurs et instances concernées par les enjeux du secteur. Ces assises auront un rôle de proximité», explique Jalil Bennabès Taarji, président de la Fédération tourisme