Dialogue social : le ministère de l’emploi fixe de nouvelles règles du jeu

La réunion du 16 décembre consacrée à  la refonte de la méthodologie de discussion. Désormais, un seul représentant par syndicat et un discours plus structuré.

Le ministère de l’emploi tente de relancer les discussions du dialogue social après que le patronat a exprimé un ras-le-bol devant l’attitude des syndicats. Lors d’une réunion tenue le 28 novembre, en effet, les discussions s’étaient terminées en queue-de-poisson quand la CGEM estima inopportune la création d’une commission «amélioration des salaires», au moment où les syndicats refusaient, eux, d’ouvrir le chapitre de la réforme du Code du travail. Peu après, précisément le 2 décembre, la CGEM annonçait, à l’issue d’un conseil d’administration, qu’elle entendait boycotter ladite commission (lire La Vie éco du 5 décembre). C’est dans cette ambiance électrique que le ministère décida de convoquer une réunion pour reprendre les discussions. Mais, étonnamment, la rencontre, programmée à la veille de Aïd Al Adha, n’a pas attiré les foules. Seuls étaient présents à l’appel le représentant de la CGEM et celui d’un seul syndicat, la CDT. Un deuxième rendez-vous fut pris pour le mardi 16 décembre. Ce jour-là, en revanche, toutes les parties étaient là.
Visiblement, le ministère de l’emploi a cette fois-ci décidé de changer de démarche pour dépasser le blocage. En effet, sur proposition de la CGEM, les discussions du mardi 16 décembre ont porté exclusivement sur des questions de méthodologie. Objectif : faire en sorte que les discussions soient à l’avenir plus structurées et surtout plus productives. Entre autres décisions prises, celle invitant les centrales syndicales à ne plus se faire représenter que par une seule personne.
C’est que, comme l’explique un membre de la CGEM, «quand vous avez, autour de la table, plusieurs syndicats représentés chacun par plusieurs personnes, cela ne ressemble plus à un dialogue». Autre mesure prise en matière de méthodologie, la structuration du discours. Là aussi, ce sont les syndicats qui ont été invités à adopter une démarche plus claire, en vue de permettre des échanges plus productifs.
Des mesures prises à la demande du patronat ? Peut-être, mais, ce qui est sûr, du moins, c’est qu’à la CGEM on se dit satisfait de ces mesures car «avant, nous n’arrivions même pas à orienter les débats dans un sens ou dans l’autre tant les syndicalistes voulaient tous parler et tout dire à la fois».
Les syndicats accepteront-ils les nouvelles règles du jeu ? Pour l’heure, aucune réaction n’a été signalée du côté des centrales, mais leur présence ou non à la prochaine réunion sera la meilleure réponse. Mais, justement, à l’heure où nous mettions sous presse, mercredi 17 décembre, aucune date n’était encore fixée pour la réunion à venir. Les parties attendaient, en effet, le compte-rendu de la rencontre du 16 décembre pour pouvoir se fixer rendez-vous.