Dialogue de sourds entre le ministère de la Santé et les médecins du public

La réunion du 31 octobre n’a débouché sur aucune solution

Les syndicats menacent d’engager un mouvement plus musclé, extensible aux urgences et aux services de réanimation.

Le ministère de la Santé et les syndicats ne sont pas près de s’entendre. La réunion très attendue du 31 octobre entre les deux parties n’a pas apporté d’éléments nouveaux. Les médecins qui ont mené plusieurs mouvements de grève depuis le début de l’année pour réclamer, entre autres, la revalorisation de leur salaire, se montrent aujourd’hui dépités. «Nous sommes venus avec l’espoir d’avoir une solution, mais malheureusement le ministre de la Santé est venu pour nous écouter une nouvelle fois», raconte Mustapha Chennaoui, secrétaire général du SNSP (Syndicat national de la santé publique) affilié à la CDT (Confédération démocratique du travail).

Les médecins proposent de reporter l’application des primes de garde et d’astreinte
Les cinq centrales syndicales ont alors présenté leur nouvelle approche des négociations dévoilée déjà une première fois en juin dernier. Leur requête porte sur la mise en place d’une commission mixte (syndicats, primature, ministères de la Santé, des Finances et de la Fonction publique) qui serait chapeautée par la primature pour discuter et négocier les diverses revendications du corps médical. Les syndicats ont aussi mis l’accent sur la nécessité de dissocier les revendications. «Ainsi nous souhaitons continuer à discuter avec le ministère de la Santé les aspects relevant directement de ses compétences notamment les mutations, les promotions et les œuvres sociales», explique le Dr. Chennaoui. Il ne manque pas de préciser que cette approche a donné ses fruits concernant les dossiers mutations et œuvres sociales qui ont bien avancé. En effet, environ 27 % des demandes de mutations ont été acceptées. Pour les Œuvres sociales, il a été décidé de créer «l’Institution nationale des œuvres sociales» dont le conseil sera bientôt élu.

Pour les questions relatives aux statuts des médecins et des infirmiers, les négociations doivent se faire, selon les syndicats, avec le ministère de la Fonction publique, et tout le volet relatif aux indemnités avec les Finances. Et à ce propos, et pour dépasser l’actuel enlisement des négociations, les syndicats ont proposé de «reporter dans le temps la prime de garde et d’astreinte. Nous voulons nous mettre d’accord sur les taux et les montants à payer et procéder à l’application après l’entrée en vigueur de l’AMO (Assurance maladie obligatoire). Autrement, lorsque les hôpitaux auront plus de recettes», dit Mustapha Chennaoui. Mais, le secrétaire général du SNSP tient à préciser qu’«il ne s’agit nullement d’un abandon de cette revendication, mais nous voulons juste aider à débloquer la situation d’impasse dans laquelle se trouve le dossier aujourd’hui». En effet, pour le seul mois d’octobre, les hôpitaux ont été paralysés par quatre jours de débrayages. Pour l’heure, les syndicats s’accordent quelques jours de répit, attendant la réponse promise pour cette semaine par le ministère de la Santé. Mais ils menacent de reprendre les mouvements de contestation, après Aïd El Fitr, si le gouvernement ne réagit pas. A noter que certains syndicats vont organiser des débrayages même dans les services des urgences et de réanimation !