Diagnostic sévère du transport maritime

Le transport maritime a besoin d’une sérieuse mise à niveau. C’est en tout cas ce que vient de dévoiler une étude réalisée pour le compte du ministère de l’Equipement et du Transport par le cabinet anglais
Drewry Shipping consultants Ltd. Le diagnostic ne souffre d’aucune ambiguïté. La flotte marocaine est composée de 43 navires toutes catégories confondues dont la moyenne d’âge se situe entre 16 ans et 29 ans. La capacité, 273 091 tonnes, ne cesse de décliner depuis le début de la décennie 80. Cette situation, qualifiée de «médiocre», concerne aussi bien le transport de passagers que le fret. Entretien, sécurité, motivation des équipages… tout est remis en question.
En outre, l’investissement, trop risqué pour les banques, se limite dans la majorité des cas à l’acquisition de bâtiments de seconde main. Les investisseurs doivent par conséquent payer des taux d’intérêt élevés, sans possibilité de recourir aux fonds de garantie, inadaptés au transport maritime.
A cela s’ajoute la complexité du travail dans les ports en raison du partage des responsabilités pour certaines tâches et du monopole de l’Odep (Office d’exploitation des ports), même si la réforme est bien engagée.
Ce contexte empêche incontestablement les armateurs d’être compétitifs dans un secteur dominé par des «méga-transporteurs». Seule la Comanav, qui sera privatisée dès 2006, semble tirer son épingle du jeu.
Le cabinet propose une série de mesures ayant trait au réajustement des différents coûts, notamment ceux relatifs aux équipages, à la maintenance, à l’assurance – les navires marocains sont obligés de s’assurer auprès de la Société centrale de réassurance – et au financement.
S’agissant des réformes juridiques, l’étude préconise, entre autres, l’abrogation du Dahir de 1962 qui réserve l’affrètement aux seuls armateurs propriétaires et la libéralisation des services directs.