Développement propre : le coup de pouce de la Banque mondiale

Elle entend sensibiliser autorités et société civile aux avantages du MDP.
Objectif amener les municipalités à profiter des financements de projets non polluants.

En matière de mise en œuvre des mécanismes de développement propre (MDP), le Maroc affiche un bilan encore timide. Certes, il a été le premier pays arabe à mettre en place l’autorité nationale désignée (AND) chargée de valider les projets MDP. Toutefois il n’a à son actif, jusqu’à aujourd’hui, que deux projets menés à terme : l’un réalisé par l’ONE et le second par Lafarge. D’où la volonté de la Banque mondiale de mieux sensibiliser les autorités et la société civile à l’importance de multiplier ce genre d’initiatives. Sa dernière action en date est la contribution à la mise en place du programme national de gestion des déchets solides.

L’objectif étant de rendre plus accessibles les mécanismes de développement propre aux municipalités. Le projet est encore en phase de négociation avec les partenaires administratifs que sont le ministère de l’intérieur et le ministère des finances. Le Fonds d’équipement communal (FEC) est également impliqué en tant qu’organe d’exécution du programme.

590 projets enregistrés et 1 600 en préparation
Pour rappel, le mécanisme dit MDP a été mis en place par le protocole de Kyoto pour juguler les effets du réchauffement climatique. Le principe est que les pays développés (OCDE) sont tenus de réduire progressivement leurs émissions de CO2. Cette réduction doit se faire essentiellement à partir de mesures locales mais aussi par le biais des crédits carbone. Il s’agit tout simplement du financement, par le pays qui n’arrive pas à respecter le seuil imposé par l’accord, de crédits d’un projet de réduction des émissions de CO2 au profit d’un autre pays.

La nature de l’entité qui a réalisé la performance importe peu. «Un opérateur privé peut, au même titre qu’une entité étatique, bénéficier du mécanisme MDP à condition qu’il prouve qu’il a pu réduire ses émissions», précise Hocine Chalal, spécialiste de l’environnement de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient à la Banque mondiale. Pour cela, l’organisme intéressé doit s’orienter vers l’autorité désignée au niveau national (AND) qui doit le valider dans un premier temps avant qu’il ne soit reconnu internationalement. Cette reconnaissance donne droit à l’enregistrement du projet et par la suite à la comptabilisation des crédits générés. Au 31 mars 2007, 590 projets ont été enregistrés et 90 soumis à enregistrement tandis que 1 600 sont en cours de préparation. Cela semble prometteur.