Deux fonds d’investissement entrent dans le tour de table d’Industrie Marocaine d’Aluminium

Moussahama II et Upline investments fund du groupe Banque populaire apportent 29,8 MDH à  la société.
Positionnée sur l’entrée de gamme, cette dernière va réorienter sa stratégie.

Décidément, la filière de fabrication et transformation d’aluminium nourrit en cette année 2010 de forts appétits de la part des fonds d’investissement.
En effet, après les deux spécialistes de la menuiserie aluminium, Jet Aluminium et JP Industries qui ont accueilli respectivement dans leur actionnariat le duo CNAV et Cap Mezzanine, d’une part, et Mediterranea Capital, d’autre part, deux autres fonds agissant de concert ont jeté leur dévolu sur un opérateur plus en amont dans la filière.   
Il s’agit cette fois-ci d’Imalum (Industrie Marocaine d’Aluminium) qui avait enrichi en 2009 l’industrie marocaine de fabrication de profilés d’aluminium en inaugurant un site à Had Soualem (30 km de Casablanca) doté d’une capacité annuelle de 10000 tonnes.
Les fondateurs de cette société, en l’occurrence la famille Tinasti et l’industriel allemand Sholz, ont fait entrer dans le tour de table les deux véhicules d’investissement, Moussahama II et Upline Investments Fund, que gère la banque d’affaires Upline (filiale de la BCP). Les nouveaux actionnaires ont ainsi apporté respectivement 20,4 MDH et 9,4 MDH dans le cadre d’une recapitalisation qui a hissé le capital de 50 MDH à 89,3 MDH. L’autre partie, à savoir 9,5 MDH, a été au préalable injectée par le président actuel Ahmed Tinasti.  Les deux investisseurs financiers obtiennent par ailleurs chacun un siège au Conseil d’administration.

L’entrée de gamme dans le profilé d’aluminium concurrencée par l’Egypte

Par ailleurs, il faut dire que l’argent frais tombe à point nommé puisque Imalum a connu un démarrage plus douloureux qu’anticipé, ce qui explique d’ailleurs qu’aucune prime d’émission ne fut appliquée à l’opération d’ouverture de capital.
Avec une stratégie volume destinée à atteindre rapidement un taux élevé d’utilisation des capacités de production, Imalum s’est positionnée davantage sur les produits d’entrée de gamme ou de qualité intermédiaire, c’est-à-dire là où l’importation notamment d’Egypte fait de plus en plus mal aux producteurs locaux. Aussi, la rentabilisation d’un investissement initial de plusieurs centaines de millions de DH financé en grande partie par endettement et la couverture de charges fixes importantes (l’effectif atteint déjà 150 personnes) requièrent-elles des réglages de haut de bilan et, surtout, un ajustement judicieux du couple positionnement – coût de production. Avec une chaîne de thermo-laquage (8 000 tonnes), une chaîne de laquage effet bois, une ligne d’anodisation (6 000 tonnes) et un partenaire allemand de poids, Imalum dispose de tous les atouts pour réussir ce challenge.