Des promoteurs immobiliers partent en guerre contre la spéculation sur le social

Les groupes Addoha et Jamaï ont trouvé une parade légale
Interdiction, par contrat,
du désistement au profit d’une tierce personne avant la livraison totale du projet.

Acheter sur plan un appartement à  200 000 DH dans un projet d’habitat social à  Casablanca, Agadir, Fès ou Tanger et patienter quelques mois pour le revendre en empochant 60 000 DH à  100 000 DH de plus-value, de nombreux citoyens ont recours à  cette pratique pour fairer fructifier leur argent, dans le sillage de l’importante demande pour l’habitat social. Des promoteurs ont décidé de réagir. «Cette situation nuit gravement à  notre image.

Le produit, avant même sa livraison, prend de la valeur sur le marché. Au final, un logement social est cédé à  300 000 DH alors qu’il est subventionné et que l’Etat a fixé un plafond de 200 000 DH. Et l’imaginaire populaire impute cette marge au promoteur, alors que c’est faux», souligne une source au sein du management de Addoha. Ce promoteur, qui a mis en avant la transparence dans toutes ses transactions immobilières, a trouvé la solution pour contrecarrer ces spéculateurs du social.

L’instauration d’une pénalité de 5 à  10 % n’a pas été dissuasive
La mise en place d’une pénalité variant entre 5 et 10% du coût du logement n’ayant pas donné de résultat, le groupe a décidé d’interdire, par clause, dans le compromis de vente, le désistement au profit d’une tierce personne tant que la vente finale n’a pas été conclue et que le logement n’a pas été livré. Un autre géant du logement social, le groupe Jamaà¯, a recours au même procédé. «La loi nous interdit de bloquer une vente quelles que soient ses conditions.

Mais nous prenons de plus en plus de précautions», explique Rachid Jamaà¯, DG du groupe. «Notre groupe a vécu cette situation spécialement à  Tanger oà¹, régulièrement, des personnes se présentent pour acheter un lot de quinze à  vingt logements d’une traite. Vous ne pouvez pas refuser mais il vous est possible de refuser le changement de propriétaire sur les compromis de vente», ajoute-t-il.

«Si, pour une raison ou pour une autre, notre premier client ne peut pas honorer son contrat, nous lui retirons le logement que nous vendons à  quelqu’un d’autre aux conditions initiales, notamment un prix de vente n’excédant pas 200 000 DH», souligne de son côté le manager d’Addoha.

Des listes d’attente sont établies pour chaque projet et les désistements donnent droit à  l’accès par ordre chronologique d’inscription. Il faut dire que la démarche était nécessaire, tant la demande reste forte. Un exemple, la demande pour les appartements du projet Annaà®im, du groupe Addoha, à  Salé-Tabriket a été 10 fois supérieure à  l’offren