Des projets structurants pour les provinces du Sud

Le montant total des investissements est de 6 milliards de DH. L’immobilier, l’industrie, l’agro-industrie et les services sont les secteurs prédominants. Clarification du statut fiscal, connexion au réseau autoroutier, créations de zones franches… Ce que le patronat attend du gouvernement.

Faire contribuer le patronat au développement des provinces du Sud était une nécessité depuis que le rapport fourni par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en 2013 a tiré la sonnette d’alarme. Ainsi, une soixantaine de projets d’investissement totalisant pas moins de 6 milliards de DH seront réalisés dans les différentes villes de la région (Laâyoune, Dakhla, Tarfaya, Guelmim, Essmara, et Tan-Tan). L’annonce en a été faite lors d’un forum de l’investissement organisé par la CGEM à Laâyoune. Tous les secteurs sont concernés. L’immobilier est cependant prédominant, notamment avec le projet du groupe Addoha qui envisage la construction de 10 000 logements à Laâyoune et dans la province d’Al Marsa pour un montant envisagé de 2,5 milliards de DH. Le démarrage est d’ailleurs prévu, selon Anas Sefrioui, président d’Addoha, dans quelques semaines. Les travaux s’étaleront sur une dizaine d’années avec à la clé près de 5 000 emplois. L’écosystème d’un tel chantier sera constitué notamment par l’unité de broyage et de conditionnement de ciment que le groupe Anouar Invest s’est engagé, à travers sa filiale Cimasud, à construire à Laâyoune pour un budget de 300 MDH.

Le patronat n’oublie pas son rôle «syndical»

Traitement de pneus, production de gasoil et de noir de carbone avec «énergie propre», complexes de valorisation de poisson pélagique, élevage de mollusques, triage et calibrage de petits pélagiques… L’industrie et l’agro-industrie ne sont pas en reste dans une région riche en ressources minières et halieutiques. Un investissement de 60 MDH est prévu par le groupe Holmarcom, à travers sa filiale Eaux Minérales d’Oulmès, dans une unité d’embouteillage d’eau et de boisson à Bir Guendouz. Et, fait important, c’est une source locale qui servira pour l’approvisionnement en eau. Pour ce qui est des échéances, le projet, qui sera achevé dans six mois, devrait générer 50 emplois directs et d’autres dans la distribution. L’autre filiale du groupe, Somathes, compte lancer une unité d’importation et de conditionnement de thé pour un montant de 21 MDH. L’usine devrait employer une trentaine de salariés pour l’emballage et la distribution de thé dans les régions du Sud. La capacité de production est estimée à 1 500 tonnes de thé par an.

Mais le patronat n’oublie pas son rôle «syndical» et tient, suite à la présentation de ces projets d’envergure, un discours revendicatif vis-à-vis de l’Exécutif, notamment concernant le statut fiscal de la région. Les investisseurs réclament également la création de zones franches à l’image des Iles Canaries et de Nouadhibou, afin de pouvoir concurrencer ces régions «avec les mêmes armes». L’autre handicap de la région est l’absence d’une connexion au réseau autoroutier. Le patronat réclame la construction d’une autoroute reliant, dans une première étape, Agadir à Laâyoune, puis, dans une seconde étape, Dakhla.