Des mesures d’urgence pour le port de Casa

Driss Jettou a pris les choses en main. Objectif : 7 jours maximum pour dédouaner un conteneur.
Simplification des procédures de contrôle et exploitation des
heures creuses.

La situation au port de Casablanca inquiète au plus haut niveau. Mardi 18 septembre, le Premier ministre, Driss Jettou, a convoqué une grande réunion pour examiner les problèmes du port et surtout pour prendre des décisions d’urgence en vue de décongestionner le port. A la sortie de cette réunion, à  laquelle étaient conviés tous les opérateurs concernés, douane, équipement, intérieur, opérateurs privés, Sodep et autres, de grandes décisions étaient déjà  annoncées. Premier objectif à  court terme : réduire le délai de séjour des conteneurs dans l’enceinte du port à  7 jours au plus. Selon les estimations présentées par la Sodep, avec un tel délai, la capacité de stockage des terre-plein du port sera mécaniquement multipliée par deux. Mais l’atteinte de cet objectif passera par une série de mesures d’urgence. La première portera sur la nécessité d’exploiter désormais les heures creuses, nuits et dimanches pour opérer les sorties de conteneurs. Selon les estimations, cette mesure, à  elle seule, permettra de réduire de 50% l’engorgement actuel. Il a été également demandé à  la Sodep d’accélérer la cadence de chargement des conteneurs vides, plus faciles à  manipuler.

La Sodep a également décidé de renforcer les effectifs avec deux nouvelles équipes, une nouvelle grue et une deuxième annoncée pour le mois d’octobre.

La Douane devra se contenter des manifestes en anglais
Les procédures de contrôle, autre volet du problème, ont été elles aussi allégées. Ainsi, il a été demandé aux services de la douane de supprimer tout simplement le contrôle des conteneurs vides et de coordonner avec les autres administrations, notamment le service de la répression des fraudes du ministère de l’agriculture, pour que les visites de conteneurs se fassent par les équipes des deux administrations en même temps. A cela s’ajoutera une simplification du processus de contrôle. Toujours en matière de procédure, il a été demandé aux services de la douane d’accepter désormais les documents de transport (manifestes, connaissements et autres) rédigés en anglais alors que, jusque-là , les transitaires étaient obligés de faire traduire ces documents en français.

Des efforts ont été également demandés aux opérateurs du secteur privé. Ainsi, certains documents relatifs à  la cargaison doivent être déposés auprès des autorités portuaires 24 heures au moins avant que le navire concerné n’accoste.

Certes, toutes ces mesures devraient à  court terme permettre d’améliorer la situation au port. Mais la réflexion est déjà  entamée pour examiner des solutions à  moyen terme de manière à  éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Entre autres idées retenues : les marchandises dont la destination finale est autre que Casablanca devront être déchargées dans les ports les plus proches. L’idée est simple, encore faut-il que ces ports soit bien équipés !