Des habous pour cigognes blessées ou chats malades !

L’image du champ religieux est fortement dépendante de celle dégagée par les Habous.

L’image du champ religieux est fortement dépendante de celle dégagée par les Habous. Aujourd’hui, à un moment où l’islam est victime d’un amalgame l’associant le plus souvent, lorsqu’il est évoqué, à une religion génératrice de terrorisme, les Habous peuvent servir à réhabiliter la religion chez une large frange de la population. D’ailleurs, les responsables du département en sont largement conscients. «On ne peut pas concevoir le champ religieux indépendamment des biens habous». Certes les techniques qui régissent sa gestion sont ancestrales et vieilles de plusieurs siècles, mais il n’y a pas lieu de modifier ou de transformer le fonds. «Il faut juste dépoussiérer et réhabiliter l’existant», explique le directeur des Habous. Car, au fond, la motivation de la donation de ces biens est d’une extrême humanité. Les libéralités, explique Khalil Dinia, sont, dans près de 95 % des cas, la simple interprétation d’un hadith du Prophète selon lequel, à notre mort, nos actes continuent à être valorisés grâce à un enfant pieux qui prie pour nous, à un savoir laissé au service de l’humanité ou à une aumône perpétuelle. La destinée des biens ou de leurs revenus varie d’un donateur à l’autre, selon leurs sensibilités. «Ainsi trouve-t-on, par exemple, dans certains cas, des maisons données aux Habous dans l’objectif de servir à l’accueil des femmes battues, veuves et divorcées». Les animaux ne sont pas en reste puisque des actes spécifiant que «les revenus de ces biens devaient servir aux soins de cigognes blessées et de chats malades» existent. L’essentiel de ce genre d’actes concerne les villes de Fès et de Marrakech. Le département d’Ahmed Taoufiq songe d’ailleurs à une opération de communication d’envergure afin de permettre aux Marocains de renouer avec leur histoire. A Fès, une autre action, en préparation cette fois-ci avec le ministère du Tourisme, vise les touristes étrangers. L’objectif est d’apposer une plaque explicative devant chaque bien habous situé dans l’enceinte de l’ancienne médina, afin de permettre à ces touristes de découvrir une autre facette de la religion musulmane.