Des experts tirent la sonnette d’alarme sur le niveau d’acidification des océans

Des espèces indispensables à l’écosystème marin sont en train de disparaître. Un appel pour la création d’un observatoire de la mer gérant les conflictualités liées à l’océan est lancé.

Qui d’entre nous n’aime pas la mer ?  Au fait, il y a plusieurs raisons d’aimer la mer, source d’inspirations et de richesses. Il y a donc nécessité de préserver ce que nous aimons. D’où l’intérêt de la 4e édition du Forum de la mer organisé à El Jadida du 4 au 8 mai pour faire le point sur la question écologique, en particulier ce qui touche à la mer. Cet événement à forte sensibilité environnementale est d’ailleurs labellisé COP22. Cette année, comme à l’accoutumée, le forum a rassemblé les visiteurs de tous les horizons, et de tous les âges, et a réuni des intervenants marocains et internationaux à l’instar de scientifiques experts, institutionnels, acteurs économiques et sociaux.

Lors des ateliers et conférences, il était primordial de rappeler la valeur de la Mer comme source de commerce, de nourriture (subsistance), de mobilité et de loisir. De même qu’il a été impératif d’évoquer la situation alarmante de la mer, à savoir son niveau d’acidification dû à l’accumulation du C02, et son réchauffement. Bien entendu, ces deux paramètres entraîneront la disparition des espèces indispensables à l’écosystème marin.

La mer se veut un régulateur de climat

Khalid Mehdi, professeur, directeur du laboratoire géosciences marines et sciences du sol à l’Université d’El Jadida, et Michael Millard, représentant résident de l’Unesco au Maroc, font partie des intervenants qui ont rappelé la notion de la Mer «poumon bleu». Il a été affirmé que 25% du CO2 de l’atmosphère est absorbé par l’océan et une grande partie directement par les planctons (organismes végétaux microscopiques). Ces mêmes organismes sont à l’origine de plus de 50% de l’oxygène émis dans notre atmosphère. La mer se veut de ce fait un régulateur du climat. D’autres intervenants ont soulevé des problématiques comme la surexploitation des ressources halieutiques et la pollution liée au gaz à effet de serre ou le plastique.

Par ailleurs, l’évènement a la vocation de sensibiliser sur la nécessité de changer les comportements pour la préservation et le développement durable de notre environnement marin. Dans ce sens, il a été souligné la nécessité d’un plan d’aménagement concerté entre les différents secteurs (Etat, privés, associations…), sans quoi il ne peut y avoir de résultats concrets. Un appel a également été lancé afin qu’il y ait un observatoire de la mer gérant les conflictualités liées à l’océan. Le plus rassurant dans le forum était la participation des acteurs économiques impliqués dans une démarche de développement durable, tels que Axa Assurance ou Azura Aquaculture. De même, apprendre que la réglementation environnementale est en train de se mettre en place est rassurant, même s’il reste beaucoup à faire.