Des concentrés de technologies sortent du site de la Rochelle

Le site de la Rochelle fabrique les TGV et tramways Citadis, produits phares du groupe français. L’usine a déjà livré 12 rames de TGV pour la ligne Tanger-Casablanca et livrera 50 rames du tramway de Casablanca cet été.

Lusine d’Alstom à La Rochelle (ville du sud-ouest de la France) est l’un des 12 sites de production d’Alstom en France. Le géant ferroviaire y fabrique ses produits phares : les tramways Citadis et les TGV pour le monde entier dont ceux destinés au Maroc. Ce site, qui emploie 1 100 personnes pour une capacité de production de 100 tramways/an et 18 TGV/an, tourne à plein régime. En ce temps même, 11 projets sont en cours de réalisation pour les villes de Casablanca, Sydney, Taiwan, Lusai, la nouvelle ville du Qatar pour la Coupe du Monde 2022 et plusieurs villes françaises. 2 300 tramways Citadis sont déjà vendus à 54 villes. Le succès ne risque pas de s’arrêter là ! Plus de 60 villes dans le monde ont un projet de tramway dans les années à venir. Le groupe espère bien s’adjuger une part conséquente de ces marchés.

Différence entre les modes de fabrication du tram et du TGV

Le temps de production d’une rame de tramway en mode repeat (modèle déjà réalisé auparavant) est de 6 semaines contre 6 mois pour une rame de TGV. Et pour cause, les modes de fabrication diffèrent d’un tramway à un train à grande vitesse. Tous deux sont en aluminium certes (matériau 3 fois plus léger mais 5 fois plus cher que l’acier carbone), mais ils sont caractérisés par deux modes d’assemblage différents. Le tramway qui roule à 70 km/h subit un assemblage boulonné, alors que le TGV, dont la vitesse moyenne est de 320 km/h, a droit à un travail de soudage de pièces. «Il faut 1 000 h de travail pour le soudage et 2 500 m de cordons de soudure, sans compter 1 000 m de câbles pour un mètre de train», explique François Lanci, responsable de la qualité industrielle au site de La Rochelle. Chaque tramway a deux bogies (chariots situés sous un véhicule ferroviaire) permettant de faire la liaison du train avec le sol. Chaque bogie a deux moteurs d’une puissance de 160 chevaux chacun.

L’alimentation électrique du tram se fait par caténaire ou par un système enfoui dans le sol

Le tramway est alimenté en électricité par caténaire mais un quart de l’énergie de freinage est récupéré puis envoyé par caténaire pour alimenter un autre tramway. Le système d’alimentation peut aussi être enfoui dans le sol comme à Bordeaux. «Ces types de tramways nécessitent beaucoup plus d’équipements que ceux alimentés par caténaire. Par conséquent, ils sont très coûteux, mais demeurent plus esthétiques», explique Jean-François Maes, responsable des offres sur la Rochelle.

Dans tous les cas, après achèvement de la phase de finition des rames de tramways et de TGV, le matériel passe à l’atelier d’essais. Les rames de tramways de Casablanca ont subi 5 jours d’essai en amont. Ces tests sont réalisés plusieurs mois à l’avance pour le matériel, mais aussi pour les logiciels et les calculateurs. L’objectif est de stimuler les trains. Comme indiqué auparavant, les tramways seront acheminés par le port de Nantes cet été. La formation des conducteurs de tramways, fournie par les équipes d’Alstom, durera, elle, 20 jours au Maroc. Pour rappel, la ligne 2 du tramway de Casablanca sera opérationnelle en fin 2018.