Des compagnies maritimes opèrent sans autorisation entre Tanger Med et l’Europe !

Les autorisations d’exploitation sont échues depuis le 31 décembre. Les pouvoirs publics font preuve de souplesse pour que le service soit maintenu. Le cafouillage est provoqué par le retard pris dans l’attribution d’autorisations de longue durée.

C’est une situation plutôt étrange que celle que sont en train de vivre les rares compagnies maritimes encore actives sur les lignes reliant le Maroc à l’Europe. Depuis le 31 décembre dernier, les autorisations provisoires qui leur permettaient d’exercer sont échues et, à l’heure où nous mettions sous presse, elles n’avaient pas encore été notifiées de la reconduction ou pas de ces autorisations. Pourtant, ces compagnies continuent leur activité sans aucune entrave administrative.
Pour rappel, le ministère de l’équipement et du transport avait à plusieurs reprises reconduit ces autorisations provisoires pour permettre la continuité du service de transport de passagers, en attendant l’octroi de nouvelles autorisations de 10 ans à des compagnies nationales. La dernière reconduction en date, valable pour trois mois seulement, a été notifiée en septembre 2014. Sont concernées par ces autorisations des compagnies étrangères mais également des compagnies maroco-étrangères, toutes opérant principalement sur les lignes Tanger Med-Algesiras et Tanger Med-Sète. «L’autorisation en question concerne l’accès aux ports marocains et, pour l’instant, les autorités de Tanger Med font preuve de souplesse vu qu’ils sont au fait de la situation particulière que vit le secteur», explique un opérateur maritime.

Les autorisations provisoires devraient être reconduites

La situation du secteur est en effet particulière en raison du retard que prend l’attribution d’autorisations de longue durée. Le ministère de tutelle ne s’est pas encore prononcé sur les résultats de l’appel à manifestation d’intérêt clôturé en juin 2014 et à travers lequel il espère ranimer le pavillon national. Selon les professionnels, cette situation risque de perdurer, car même si le ministère annonce les résultats de l’AMI dans les prochaines semaines (ndlr : chose qui n’est pas assurée), les compagnies sélectionnées auront besoin de temps pour être complètement opérationnelles. Sur ce registre, il faut souligner que l’une des compagnies ayant soumissionné à l’AMI, à savoir Naveline, a déjà entamé en novembre dernier une campagne de recrutement. D’aucuns voient dans cette opération le signe d’une annonce imminente de sa sélection pour l’exploitation d’une ou de plusieurs nouvelles lignes maritimes. D’autres l’interprètent comme un moyen de faire pression sur les autorités de tutelle pour accélérer le processus d’octroi des nouvelles autorisations. Quoi qu’il en soit, des experts du secteur maritime confient s’attendre à ce que la tutelle reconduise une nouvelle fois, dans les prochains jours, les autorisations provisoires, au moins jusqu’à la fin de la prochaine opération Marhaba pour éviter les problèmes qui pourraient découler d’une suspension du service durant cette période de grande affluence.