Des bénévoles créent un centre de sécurité routière privé

L’objectif est d’étudier, à  travers des réunions thématiques, tous les problèmes pouvant mener à  l’insécurité routière. A terme, le centre, adossé à  un cabinet maroco-canadien spécialisé dans la sécurité au travail, pourrait se transformer en prestataire de services.

Les accidents de la circulation et, d’une manière générale, l’insécurité sur les routes interpellent tous les Marocains, cependant les réactions se limitent à l’indignation manifestée verbalement. Pour faire autrement, un petit groupe de personnes, toutes bénévoles, a constitué un Centre professionnel pour le développement de la sécurité et du transport (CPDST). Si ces personnes sont pour la plupart des acteurs actifs du secteur du transport, ou de métiers annexes, le bureau du centre, qui a le statut d’association, a décidé lors de l’assemblée générale constitutive tenue le 26 avril 2012 de ne pas accepter en son sein des membres avec une casquette professionnelle pour éviter tout conflit d’intérêts.

Ce bureau est composé d’un président en la personne de Abderrahim Chennaoui, leader syndical des transporteurs, de deux psychologues et de deux experts indépendants en matière de sécurité du travail. Le CPDST est adossé au cabinet maroco-canadien SIM spécialisé dans la sécurité au travail et acteur actif sur le marché marocain dans les domaines de la formation et de la sensibilisation sur cette question. «Dans un premier temps, nous voulons acquérir une expertise par le biais de rencontres que nous organisons chaque mercredi sur un thème en rapport avec la sécurité en invitant des spécialistes, experts, universitaires ou simples dirigeants d’entreprises, pour débattre d’un sujet en rapport avec la sécurité routière», explique M. Chennaoui.

A titre d’exemple, la première table ronde a été consacrée à la problématique des agréments de transport de voyageurs en tant que système archaïque défaillant et nuisible pouvant être à l’origine d’accidents graves de la circulation.

Coopération avec les organismes qui luttent contre l’insécurité routière

Le prochain séminaire aura pour thème la délimitation des responsabilités en cas d’accident corporel de la circulation, une responsabilité pénale qui est aujourd’hui appréhendée de manière non professionnelle puisque l’on se base uniquement sur la durée du certificat médical de 21 jours que tout le monde peut se procurer.

C’est là une manière de travailler pour pousser les pouvoirs publics à se pencher sur la bonne applicabilité de certains articles du code de la route, précise M. Chennaoui.

Seront également étudiées les raisons pour lesquelles le conducteur marocain, quel que soit son niveau intellectuel et social, persiste à répéter les mêmes erreurs sans jamais se remettre en question jusqu’à l’accident grave ou fatal.

Après le stade de la réflexion, le centre devrait passer à une nouvelle étape en devenant un prestataire de services pour les entreprises et les individus, si toutefois l’étude de marché préalable est concluante.
Pour l’heure, il y a des possibilités de coopération avec des organismes qui luttent contre l’insécurité sur les routes comme le CNPAC.