Démarrage de la campagne céréalière en ordre dispersé

Dans le Gharb, 90 % des terres destinées au blé sont prêtes

Le rythme des travaux est encore peu soutenu dans la Chaouia, le Haouz
et Abda.

Adeux semaines du début des semis précoces, les préparatifs de la nouvelle campagne agricole battent leur plein. Les travaux de préparation du sol et d’épandage d’engrais ne suivent pas partout le même rythme. Ainsi, dans le Gharb, où la récolte a été relativement bonne, on assiste à une reprise sereine des travaux. Selon des producteurs de cette région, 90 % des terres destinées au blé sont fin prêtes. En revanche, dans une partie de la Chaouia, le Haouz et l’Abda, les agriculteurs touchés par la sécheresse affirment qu’ils pourront difficilement assurer l’emblavement des terres. Les travaux ont donc un léger retard et ils hésitent encore à acquérir les intrants (semences, engrais) dont le renchérissement est significatif, sans parler du carburant.

Le prix des semences sélectionnées augmente de 15 à 20 DH le quintal
Ainsi le prix des semences sélectionnées commercialisées par la Sonacos a augmenté de 15 à 20 DH. Le quintal de blé tendre est passé de 325 à 340 DH/q pour les R1 (première reproduction) et de 305 à 325 DH pour les R2. Pour le blé dur, les semences R1 et R2 sont passées respectivement de 370 et 355 à 385 et 370 DH/q et pour l’orge de 215 et 200 DH/q à 235 et 220 DH/q.

De même les prix des engrais ont progressé de 12 à 15%, et nombreux sont les agriculteurs qui n’envisagent donc pas leur utilisation.
Dans tous les cas, le ministère de l’Agriculture assure que les stocks de semences et engrais sont suffisants. Les disponibilités en semences certifiées et «bon à semer» de céréales atteindraient 750 000 quintaux, soit 10 % de plus que l’année dernière. Ces semences bénéficient d’une subvention de 80 à 100 DH/q, ce qui coûtera à l’Etat 70 MDH. De plus, celui-ci prend en charge 50 % du coût de l’analyse du sol pour inciter les agriculteurs à recourir à cette pratique pour une bonne conduite de la fertilisation.
Reste que tout dépendra des pluies. Pour autant, les agriculteurs sont encore peu sensibles à l’assurance sécheresse (120 MDH d’indemnisation au titre de la campagne 2004-2005), dont le fonctionnement laisse perplexes certains connaisseurs du monde agricole. Dès lors, le «programme de garantie de la production céréalière contre la sécheresse» se limitera une fois de plus à une superficie prévisionnelle de 300 000 ha.