Décompensation du sucre : aucun impact sur les agriculteurs agrégés

L’attractivité économique des plantes sucrières a été nettement améliorée et les revenus des agriculteurs ont augmenté de plus de 20%;

La décompensation du sucre devrait intervenir, comme cela a été annoncé par le gouvernement, en ce début d’année. Son application se ferait de façon progressive et la hausse des prix sera subie directement par le consommateur. En revanche, il n’y aura aucun impact sur les approvisionnements et les relations avec les producteurs, vu que la filière sucrière marocaine opère dans un cadre réglementaire qui devra être maintenu pour assurer sa protection et celle des 80 000 agriculteurs comme cela se fait dans les filières betteravières à travers le monde, assure la Fédération interprofessionnelle marocaine du sucre (Fimasucre).

En partenariat avec l’Etat, cette fédération a mis en place, depuis 2008, un cadre interprofessionnel structuré regroupant les agriculteurs et les industriels et a engagé un plan de développement et de mise à niveau de la filière sucrière sur la période 2008-2015. Ce plan a permis une amélioration de la productivité en termes de rendement des plantes sucrières qui a augmenté de 7 à 10,2 tonnes de sucre à l’hectare entre 2006 et 2015. Grâce à cette amélioration, l’attractivité économique des plantes sucrières a été nettement améliorée et l’accroissement des revenus des agriculteurs partenaires a été de plus de 20%.

30 MDH investis pour le développement de l’amont

Ce résultat est le fruit des efforts consentis dans le cadre des Comités techniques régionaux du sucre qui se sont traduits par un accompagnement technique, financier et social des agriculteurs. Il tient également aux investissements effectués (30 MDH au niveau de l’amont agricole ayant entraîné la généralisation des semences mono-germe), ainsi qu’à la mécanisation des semis et des traitements, respectivement à hauteur de 94% et 70%.

Il est à noter que, sur le plan régional, le groupe Cosumar, principal producteur de sucre, a favorisé la création d’environ 150 PME au niveau des périmètres, générant un chiffre d’affaires de 400 MDH. Ces sociétés assurent des prestations au profit des agriculteurs agrégés telles que la distribution des intrants, les travaux de mécanisation (travaux du sol, arrachage, etc.). Cette démarche a permis, d’une part, de mutualiser les moyens matériels, et, d’autre part, de généraliser l’accès aux nouvelles technologies au profit des partenaires agriculteurs.

Par ailleurs, il importe de souligner que les projets de mise à niveau de l’outil industriel, qui ont coûté plus de 5,5 milliards de DH, ont permis à Cosumar de disposer d’une capacité de production de 1,65 million de tonnes de sucre, répondant aux exigences et normes en la matière. Ce qui permet d’assurer un approvisionnement régulier du marché même en cas d’aléas climatiques. De ce fait, l’importation du sucre fini reste très faible et ne concerne que des produits de niche ou des sucres spéciaux commercialisés à des prix élevés pouvant atteindre 50 à 60 DH/kg.