Déchets industriels : un million de tonnes par an à  transformer en cash

Les grandes entreprises s’y mettent et la compétition est de plus en plus acharnée entre prestataires.
Plus de la moitié des déchets est produite sur l’axe Casablanca-Mohammédia.

«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme». Lorsque Thomas Forgacs, DG de Sita Maroc, parle du traitement des déchets industriels, cette loi de conservation de la masse mise en évidence par Antoine Lavoisier au XVIIIe siècle, lui vient d’emblée à l’esprit.

Aujourd’hui, cette activité rapporte gros et les entreprises en ont pris conscience, explique en substance M. Forgacs. Deux éléments expliquent le changement de vision. La première renvoie aux démarches qualité très à la mode ces dernières années.

La deuxième a trait à la valorisation de ces déchets. «Leur gestion coûte de l’argent, mais un bon prestataire peut réduire la facture des déchets au maximum tout en respectant l’environnement», souligne M. Forgacs. En effet, ils ne sont plus envoyés à la décharge, «mais sont triés et revendus, ce qui permet à l’entreprise de dégager des revenus supplémentaires», explique-t-il.

Outre la revente des déchets, des prestataires comme Sita Al Baïda, filiale spécialisée du groupe Suez Environnement dans le traitement des déchets industriels ou d’entreprise – indépendante de Sita Maroc dédiée au marché des collectivités locales – proposent également la réduction de leur volume.

Ainsi, les entreprises peuvent compacter leurs déchets, par exemple, et gagner de la place dans leurs entrepôts. «Cette méthode permet de diviser par 10 les volumes d’ordures», assure-t-on auprès de Sita Maroc.

Au Maroc, on peut donc affirmer que le marché est porteur et de plus en plus concurrentiel. Exemple : depuis quelques jours, des opérateurs dont Sita Maroc et Veolia se livrent une bataille sans merci pour assurer la gestion des déchets industriels de la Cosumar. Un gros marché en vue.

Aujourd’hui, la production de déchets industriels avoisine le million de tonnes par an, dont 12 % sont dangereux. Plus de la moitié est produite sur l’axe Casablanca-Mohammédia. Les déchets solides dangereux proviennent en majorité de l’industrie et sont souvent chargés en métaux lourds. Sita Maroc revendique des clients de prestige tels que Somaca-Renault, marché qu’elle vient de remporter, Delattre Levivier Maroc, spécialisée dans le montage de structures métalliques, ou encore Omnium général d’électricité (OGE) qui fabrique des coffrets électriques dans la zone industrielle de Nouaceur.

Si elle s’intéresse au même secteur, Veolia Propreté Maroc se défend de traiter des déchets industriels. Selon son directeur général, Bruno Vincent, «les déchets industriels produits au Maroc ne répondent pas aux normes internationales de traçabilité.

De ce fait, nous nous interdisons de les traiter au sein de Veolia Maroc». L’entreprise gère néanmoins ce qu’elle appelle «les déchets commerciaux» et compte quelques enseignes de renom parmi ses clients, tels Marjane.