Décharge de Casablanca, un dossier qui n’en finit pas de traîner

L’acquisition du terrain de la future décharge contrôlée n’est toujours pas actée. Un désaccord entre Casa Prestations et la société délégataire sur le prix à  la tonne pourrait bien retarder de nouveau le projet.

S’il est un dossier dans lequel la capitale économique accumule les retards, c’est bien celui de sa future décharge contrôlée. Alors que l’actuelle décharge sauvage de Médiouna, réhabilitée à hauteur d’un peu plus de 60%, croule toujours sous les déchets, l’acquisition du terrain devant accueillir la future décharge contrôlée peine toujours à se réaliser. Voilà déjà un peu plus d’une année qu’un protocole d’accord a été conclu entre le propriétaire dudit terrain et la Commune urbaine de Casablanca (CUC) pour une enveloppe d’environ 42 MDH. «Le processus d’acquisition en est à sa phase finale (…) Au stade actuel, il ne reste qu’à faire approuver l’arrêté communal relatif à la cession par entente directe pour finaliser l’acte de vente. Pendant ce temps, nous avons avancé dans l’obtention de l’autorisation de construire auprès des autorités locales et avons même reçu le certificat d’acceptabilité environnementale du ministère chargé de l’envronnement», rassure Houda Chichaoui de Casa Prestations, la société de développement local qui a pris le relais de la CUC.  

Négociations difficiles

L’histoire ne s’arrête pas là. En effet, certaines sources proches du dossier évoquent l’émergence d’un désaccord entre la société délégataire, Ecomed,  chargée de réhabiliter la décharge sauvage, aménager et exploiter la future décharge contrôlée, et Casa Prestations. Rappelons tout d’abord que le terrain retenu par la commune est loin de faire le consensus. Jugé trop près des habitations et surtout trop petit, il ne répondrait pas aux critères minimums pour accueillir une décharge contrôlée. Malgré tout, la CUC avait maintenu son choix. Aujourd’hui, c’est la question du prix à la tonne de déchets facturé à la CUC qui pose problème. Cette dernière souhaite conserver les conditions approuvées dans le contrat initial. «Ce projet date de 2008. Tous les éléments, dont le prix, ont fait l’objet d’un contrat signé à cette date et accepté par les deux parties suite à un appel d’offres international ouvert. Il n’y a par conséquent aucune possibilité d’avoir un désaccord sur le sujet», confie Mme Chichaoui. La société délégante, en revanche, proposerait un avenant audit contrat avec un prix bien supérieur, arguant que la durée du contrat est inférieure à celle initialement convenue (16 ans) du fait du retard accumulé. Si les négociations actuelles, s’annonçant difficiles, n’aboutissent pas, un arbitrage du wali de Casablanca pourrait s’imposer. De la même façon, si aucun accord n’est trouvé entre les deux parties, la résiliation du contrat est un risque à envisager. S’il ne s’agit pas de l’hypothèse la plus probable, des solutions à l’amiable pouvant toujours être trouvées, cela ne ferait que retarder une nouvelle fois le projet de cette décharge qui aurait déjà dû voir le jour en 2010.