De grands hôteliers de Marrakech boudent le Conseil régional du tourisme

Ils s’estiment sous-représentés dans le bureau

Le budget promotionnel est jugé en deçà  des attentes des opérateurs.

S’il est une ville aujourd’hui o๠le tourisme est arrivé à  un niveau de maturité exceptionnel, c’est bien Marrakech. Et pour cause, la destination draine pas moins de 40 % des arrivées de tout le pays et ne cesse d’attirer les investisseurs. Et pourtant, son CRT (Conseil régional du tourisme) est aujourd’hui en mal de reconnaissance à  plusieurs niveaux. D’abord, nombreux sont les hôteliers qui désertent les assemblées générales et regrettent son manque de performance en matière promotionnelle.

«Il est difficile pour nous de nous reconnaà®tre dans le CRT. Un seul hôtelier siège dans le bureau et les actions entreprises ne sont pas en phase avec nos attentes», s’insurge un opérateur connu de la place. Pour un autre, qui tient aussi à  garder l’anonymat, «Marrakech, arrivée à  un niveau de maturité qui la place parmi les grandes destinations touristiques mondiales, ne peut plus être pilotée de la même manière. Toute l’approche commerciale et promotionnelle doit être revue».

Une fondation pour gérer les festivals
Ce sont là  quelques-unes des critiques qui reviennent le plus souvent. A cela, Abdellatif Kabbaj, président du CRT, rétorque «qu’il est facile de critiquer mais qu’il faut suggérer et apporter des solutions. Mais là , on ne trouve personne». Il ajoute que ce sont les mêmes personnes qui critiquent qui refusent de verser les cotisations…

D’ailleurs, le budget de promotion de la ville, bien qu’en hausse ces dernières années, reste en deçà  des besoins. Pour 2006, il s’établit à  6,33 MDH dont 4,7 millions sont destinés aux festivals : FNAP (arts populaires) FIFM (film) Friendship… Or, pour les festivals, le CRT n’a plus de liberté d’action. Depuis à  peu près un mois, en effet, les autorités de la ville ont encouragé la création d’une fondation pour gérer les festivals et placé à  sa tête Kamal Bensouda, ancien président du CRT de Marrakech. Pour certains observateurs, le rappel de M. Bensouda – qui se refuse à  tout commentaire sur la question – est la preuve supplémentaire de l’essoufflement de l’actuel bureau.

Quant à  Abdellatif Kabbaj, il applaudit tout simplement à  la création de cette nouvelle fondation. Toujours est-il que le budget et les prérogatives du conseil se trouvent amoindris… C’est la raison pour laquelle, selon lui, c’est une erreur de penser que Marrakech, dont le budget est inférieur à  celui d’Agadir et de Casablanca, n’a pas besoin de promotion, même si sa situation est bonne. Le CRT a donc saisi l’ONMT sur la question et attend de rencontrer les responsables ce mois-ci «pour qu’un effort soit fait pour 2007».

Outre les besoins de promotions et de représentations dans les foires et salons internationaux, le premier à  souffrir de ce manque de ressources est le personnel du CRT. La majorité de ses membres perçoit moins de 5 000 DH par mois. Une information confirmée par M. Kabbaj qui souligne que «les besoins quantitatifs et qualitatifs ne sont pas satisfaits». Eu égard à  cette situation, il ne manque pas de signifier qu’il ne risque pas de se représenter à  la fin de son mandat. Mais, pour l’heure, il a bien compris que l’adhésion de tous lui est indispensable. Il compte donc organiser durant le mois de Ramadan une journée de réflexion durant laquelle tous les opérateurs de la ville, avec en tête les hôteliers, seront invités à  apporter leurs critiques, mais aussi leurs suggestions. Affaire à  suivre.