Davantage de surveillance pour la qualité de l’air

Les premiers résultats d’une étude éco-épidémiologique confirment les hauts niveaux des polluants dans le Grand Casablanca. Ces résultats contribuent à la mise en place d’un système complet de surveillance de la qualité de l’air.

La qualité de l’air est une problématique majeure à Casablanca. Entourée de zones industrielles et subissant une augmentation continue du parc automobile en circulation, la capitale économique se noie dans un nuage de polluants. Présentés le 11 février, les premiers résultats de l’étude éco-épidémiologique, réalisée par une équipe réunissant universitaires, représentants de la Direction d’épidémiologie et de lutte contre les maladies du ministère de la santé, la Direction régionale de la santé et la Direction nationale de la météorologie, avec le soutien de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, appuient ce que l’on constate quotidiennement. En liant émissions de polluants aux plus de 1,2 million de consultations recueillies de novembre 2011 à octobre 2013 dans les zones de Casablanca, Aïn Sebâa-Sidi Bernoussi et Mohammédia, ces premiers résultats sont tout à fait significatifs. On y apprend ainsi que «le passage d’un niveau de Q1 (quartile) à Q3 de dioxyde de soufre (SO2) est associé à 69 cas supplémentaires de consultations respiratoires pour 10000 habitants à Casablanca, 205 à Aïn Sebâa-Sidi Bernoussi et 208 cas à Mohammédia. Pour les particules en suspension PM10, ces chiffres sont respectivement de 427, 252 et 302 cas». Les niveaux enregistrés de SO2 et PM10, qui sont issus de la combustion des énergies fossiles (véhicules diesel, raffinage de pétrole, etc.), dépassent ainsi les seuils acceptables, en particulier aux abords des zones industrielles. Chez l’enfant de plus de 5 ans et l’adulte, une augmentation allant jusqu’à 25% des prescriptions d’antibiotiques et de bronchodilatateurs a même été constatée. Quant au niveau de dioxyde d’azote (NO2), lié à l’automobile, notamment diesel, même s’il entraîne également une augmentation des consultations respiratoires, il n’atteint pas les seuils d’information ou d’alerte. «Casablanca n’atteint pas les niveaux de pollution de grandes métropoles comme Athènes ou Mexico. A l’exception des pics de pollution proches des zones industrielles, les émissions n’atteignent pas des niveaux alarmants. Il est vrai que les vents atlantiques permettent de dégager la pollution», explique Pr. Chakib Nejjari, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université MohammedVI des sciences de la santé.

Huit entreprises s’engagent contre l’émission de GES

«Nous travaillons actuellement sur le recueil des données d’après octobre 2013. Nous comptons développer une application informatique qui va permettre d’établir le système de surveillance éco-épidémiologique. Notre objectif est de constituer une équipe permanente formée notamment d’universitaires, de la Direction de la météorologie nationale, du ministère de la santé, de sa direction régionale ainsi que du ministère de l’Intérieur et de la wilaya de la région Casablanca-Settat», confie Pr. Nejjari.

L’objectif est de fournir une information précise aux autorités locales afin qu’elles prennent les mesures qui s’imposent, notamment dans les établissements de santé en cas de pic de pollution . En marge de la présentation de ces résultats, huit entités -La Voie Express, Gharb Papier Carton, CTM, Afriquia Gaz, Oulmès, Managem, l’Association professionnelle des cimentiers et l’Association marocaine des transports routiers internationaux et Transit transport étoile du Sud (AMTRI-TTES)- se sont engagées à évaluer leurs émissions de gaz à effets de serre, à les réduire autant que possible et à compenser celles irréductibles.