Dallah Al Baraka en passe de gagner le bras de fer l’opposant à  Azzedine Lakhouaja

Le tribunal de commerce d’Agadir autorise le groupe saoudien à augmenter le capital de 70 MDH.

Nouveau coup de théâtre dans l’affaire de l’hôtel Palais des Roses, à Agadir, détenu par la société du même Palais des Roses International (PRI). Le bras de fer qui oppose depuis plusieurs mois le Groupe Dallah Al Baraka, qui détient 52% du capital de la société, à l’homme d’affaires marocain Azzeddine Lakhouaja, actionnaire à hauteur de 48 %, vient de connaître un retournement.
Dallah Al Baraka serait-il en passe de gagner une longue bataille ? C’est du moins ce que laisse présager la récente décision du tribunal de commerce d’Agadir qui a prononcé un jugement en référé autorisant le groupe saoudien, présidé par Cheikh Salah Kamel, à effectuer une augmentation de capital de la société de l’ordre de 7 millions de dollars (environ 70 MDH). En fait, à la suite des déboires de Dallah Al Baraka avec son partenaire marocain, qui avaient mené à la décision de mise en vente de l’hôtel Palais des Roses et à l’éjection du groupe du projet d’aménagement de la station de Taghazout, Cheikh Salah El Kamel avait décidé d’opérer une augmentation de capital de PRI. Mais, craignant de voir sa participation dans l’hôtel diluée, passant ainsi de 48% à moins de 20%, c’est-à-dire même pas la minorité de blocage, Azzeddine Lakhouaja, son associé, a tenté de bloquer la procédure en s’appuyant sur le pacte d’actionnaires qui lui en donnait la possibilité.

Lakhouaja a jusqu’au 18 juin pour faire appel
Pourtant, c’est Azzeddine Lakhouaja en personne qui avait convoqué le conseil d’administration pour statuer sur l’augmentation de capital. Mais, le jour de la réunion, il ne s’était pas présenté. Suite à cette manœuvre, le groupe Dallah Al Baraka a alors décidé d’ester en justice, poursuivant Lakhouaja pour, entre autres motifs, violation de pacte d’actionnaires. Début juin, le tribunal a fini par rendre son jugement. Du coup, le groupe saoudien deviendra majoritaire dans le tour de table de PRI et, par conséquent, se débarrassera de Lakhouaja,jusqu’alors seul maître à bord dans la gestion du palace. De source proche du dossier, Azzeddine Lakhouaja n’a pas encore usé de son droit d’appel. Mais, selon ses avocats, il a encore jusqu’au vendredi 18 juin pour se décider. Sauf que cela ne lui permettra pas d’empêcher que l’augmentation de capital se fasse, puisque le jugement en référé est immédiatement exécutable.
Reste à savoir maintenant quand les responsables de Dallah Al Baraka ont-ils l’intention de réaliser l’opération, et de quelle manière. En attendant, c’est maintenant une véritable course contre la montre qui est lancée puisque, pour mettre son partenaire au pied du mur, Cheikh Salah cherchera à injecter l’argent frais avant que le juge ne rende sa décision, en appel. D’autant plus qu’en mars dernier, et sur requête de plusieurs créanciers, dont les banques, le tribunal avait ordonné la mise en vente de l’hôtel. Qu’adviendra-t-il de cette décision de justice ? Un des avocats des créanciers, installé à Casablanca, explique que «cette procédure ne sera pas suspendue mais elle est gelée car tributaire d’une expertise judiciaire qui n’a toujours pas été effectuée». Et de poursuivre : «L’hôtel disposant maintenant de fonds supplémentaires, un arrangement à l’amiable pourrait être trouvé avec les banques»