Dallah Al Baraka attaque Lakhouaja au pénal

Une plainte déposée près la Cour d’appel d’Agadir n Un groupe suédois veut reprendre l’hôtel à 120 MDH.

Le feuilleton de l’hôtel Palais des Roses international (PRI) d’Agadir n’en finit pas de connaître des rebondissements. En effet, d’une part, les banques créancières tentent de faire vendre l’établissement pour récupérer leur dû et, d’autre part, la guerre entre les deux associés, à savoir le groupe Dallah Al Baraka et le Marocain Azzeddine Lakhouaja, est engagée sur plusieurs fronts notamment le pénal et le commercial. Fait peu connu par l’opinion publique, une plainte au pénal avait été déposée, en avril 2004, par Dallah Al Baraka contre Azzeddine Lakhouaja près le procureur du Roi à la Cour d’appel d’Agadir. Le PV de cette plainte est on ne peut plus accablant. Les motifs invoqués sont nombreux et tout aussi graves les uns que les autres. Le premier concerne l’escroquerie et l’abus de biens sociaux, Azzeddine Lakhouaja étant accusé d’avoir conclu, au nom de la société Palais de roses international (PRI), un contrat de gestion avec sa propre société Helios international, sans l’accord express du conseil d’administration. Un contrat de gestion dénoncé par Dallah Al Baraka qui le considère comme nul et non avenu pour cause d’incompatibilité, M. Lakhouaja ayant des intérêts dans les deux entités cocontractantes. D’un autre côté, Dallah Al Baraka considère que la gestion de l’hôtel PRI par Helios constitue de fait le détournement d’un gage sur fonds de commerce dont jouissent les créanciers, notamment les banques. Enfin, Azzeddine Lakhouaja est accusé de falsification puisque, en 2003, il avait fait approuver, selon la plainte, les comptes de l’hôtel pour l’exercice 2002 et obtenu un quitus de gestion alors que le rapport du commissaire aux comptes y avait relevé plusieurs anomalies.

La vente de l’hôtel permettrait de régler les dettes en suspens
Dallah Al Baraka ne s’est pas contenté de porter plainte au pénal puisqu’à la suite d’une requête déposée, en mai 2004, près le Tribunal de commerce d’Agadir, le groupe a eu gain de cause en vue d’effectuer une augmentation de capital de 70 millions de DH, ce qui lui permettra de marginaliser son associé qui deviendra minoritaire dans le nouveau tour de table.
Mais, depuis quelques jours, les banques, notamment la BMCE et la BCP, sont montées au créneau pour proposer une autre issue au problème afin de récupérer leur dû qui consiste en un prêt consortialisé de 250 MDH. La Vie éco a ainsi appris que les deux banques ont fini par trouver un repreneur étranger qui serait sérieusement intéressé par l’hôtel Palais des roses. Il s’agit d’un grand opérateur suédois, dont le nom n’a pas encore été divulgué, et qui propose de reprendre l’affaire au prix intéressant de 120 MDH, ce qui permettrait de régler définitivement les dettes de l’hôtel. Dallah Al Baraka acceptera-t-il cette solution ?
Affaire à suivre