Cultures sucrières : un centre R&D dans les prochains jours

Le rendement s’est beaucoup amélioré au cours de ces dernières années. Les revenus des agriculteurs ont progressé de 26% en 2012-2013.

«R&D et innovation, leviers d’amélioration de la productivité de la filière sucrière», était le thème de la Journée d’étude organisée conjointement par la Fédération interprofessionnelle marocaine du sucre (Fimasucre) et la Fédération nationale interprofessionnelle des semences et plants (FNIS), le 9 avril à Rabat. Cette rencontre s’est caractérisée par l’annonce de la création par la Fimasucre, avec l’appui du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, d’un centre de recherche et de développement des cultures sucrières. Le centre en question devrait voir le jour au cours de ce mois d’avril. Son objectif est «la production des boutures certifiées au profit des producteurs et la réalisation d’un programme de recherche sur la betterave et la canne à sucre permettant de répondre aux problématiques posées». Le centre sera également un lieu de formation.

Dans le cadre de la R&D, la Fimasucre a également signé un certain nombre de conventions de partenariat, notamment avec l’Institut technique de la betterave de France (ITB), ainsi qu’avec l’Association marocaine des semences et plants (AMSP) pour la mise à la disposition des agriculteurs d’un profil variétal adapté et performant.      

Face à la hausse du prix du fuel, la conversion au charbon préconisée

La filière sucrière génère 2 000 emplois directs et 3 000 indirects dans l’industrie et 10 millions de journées de travail par an dans l’activité agricole. Elle permet, de ce fait, de garantir un revenu pour 80 000 exploitants agricoles de betterave à sucre et de canne à sucre. Ce qui fait dire à Ahmed Ouayach, président de la FNIS, que «cette filière s’inscrit dans le cadre de l’agriculture solidaire et familiale». Le périmètre agricole de la filière s’étend sur 5 régions du Royaume, à savoir le Gharb, Doukkala, Loukkos, Tadla et Moulouya. La betterave à sucre couvre une superficie de 60 000 ha et la canne 20 000 ha. La production est respectivement de 3 Mt et 1 Mt. L’extraction est réalisée par 7 sucreries d’une capacité annuelle de 4 Mt. Le sucre brut importé est raffiné par une unité d’une capacité de 3 000 tonnes par jour.

D’une manière générale, la filière sucrière s’est considérablement développée au cours de ces dernières années. C’est ainsi que le rendement est passé de 7,8 tonnes de sucre par hectare en 2006 à 9,5 t/ha actuellement. Il s’en est suivi une augmentation de 26% des revenus des agriculteurs lors de la campagne 2012-2013. Par ailleurs, Cosumar a programmé un investissement de 5 milliards de DH pour porter la capacité industrielle à 1,65 Mt de sucre blanc par an, ce qui dépasse les besoins du marché estimés à 1,2 Mt. 
                                                                                              

Cette journée d’étude était également l’occasion pour les représentants de la filière de faire part de leurs préoccupations du fait de l’augmentation, depuis juin 2012, de 56% du prix du fuel, soit une hausse globale de plus de 2 000 DH/T. Ce qui, de leur point de vue, «entrave l’effort de développement et freine les investissements» prévus dans le contrat-programme, notamment au niveau des sucreries de betteraves grosses consommatrices de fuel. Les mesures préconisées sont la revalorisation du prix du sucre ainsi que la conversion au charbon. Cette mesure requiert un investissement lourd de l’ordre de 1 milliard de DH et pourrait s’étaler sur une durée de deux ou trois ans.
C’est dire combien la question est épineuse !