Culture du tabac : 115 MDH à  investir d’ici 2017 pour booster la production

Le ministère de tutelle étudie la possibilité d’intégration de la culture du tabac dans le Plan Maroc Vert. Plus de 3 000 agriculteurs de 8 provinces couvrant 53 communes rurales sont concernées par ce projet. La production des agrégés devrait augmenter de 10% à  partir de la cinquième année, et leurs revenus de 30%.

La Société marocaine des tabacs (SMT) a entamé une campagne de communication pour faire connaître la culture du tabac au Maroc. Mais aussi pour baliser le terrain à son projet d’intégration de cette filière agricole dans le Plan Maroc Vert. En effet, en tant que seul fabricant de tabacs manufacturés dans le Royaume, la filiale d’Imperial Tobacco International a déposé une demande relative à son projet «d’agrégation de la production de tabac autour des unités de production et de transformation» auprès du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. Ce dossier suivi par les équipes de l’Agence pour le développement agricole (ADA) a d’ores et déjà eu l’aval de la commission technique du ministère de tutelle. Ainsi, «une commission d’investissement se réunira dans les semaines qui viennent sous la direction du ministre de l’agriculture et de la pêche maritime pour donner l’accord final», apprend-on du côté de l’ADA. En somme, ce projet d’agrégation qui bénéficiera à quelque 3 300 agriculteurs nécessitera un investissement global de 115,75 MDH d’ici à 2017. Une coquette somme qui sera financée à hauteur de 81,5 MDH par les fonds propres de l’opérateur historique. Le reliquat sera à la charge des agrégés via un financement bancaire.

Un technicien agricole pour 100 ha

Concrètement, «la mise en place de ce programme contribuera fortement au développement économique et social de 53 communes rurales de huit provinces (Ouezzane, Sidi Kacem, Taounate, Sidi Slimane, Kénitra, Sefrou, My Yaacoub et El Hajeb)», explique le management de la SMT. D’ailleurs, d’après leurs prévisions, l’évolution modérée des superficies sur les dix prochaines années sera compensée par une amélioration de la qualité des tabacs produits, ce qui va générer une augmentation du revenu du planteur. Pour rappel, la culture du tabac occupe actuellement une superficie totale de 1129 ha, qui augmentera de 20% d’ici à 2017.

«A partir de la cinquième année, la production de ces agriculteurs augmentera de 10%, et leurs revenus de 30%», estiment les équipes de l’ADA. Et pour cause, la SMT prévoit dans le cadre de son projet des actions pour améliorer la qualité et la productivité de la récolte. La première mesure porte sur le changement du mode d’irrigation. En effet, l’entreprise prendra en charge les actions d’accompagnement nécessaires et les études de faisabilité et de réalisation au profit des producteurs désirant s’équiper en mode d’irrigation en goutte à goutte. Ainsi, dans l’objectif de développer la conduite technique de la culture du tabac, la SMT mettra à la disposition des agriculteurs un technicien agricole pour chaque 100 ha. Ce dernier prendra en charge l’encadrement des agriculteurs, notamment au niveau de l’utilisation des produits de plantation, fertilisation, récolte et séchage.

Sur le plan financier, les agrégés bénéficieront d’une subvention accordée par le ministère de tutelle pour l’achat de matériels. La SMT, quant à elle, accordera des avances sur récolte pour le financement de la campagne et des prêts pour la construction des séchoirs. Enfin, l’appui à la création de coopératives et d’associations de producteurs de tabacs est également une des mesures phare de ce projet. «Ce type de groupement permet aux planteurs d’accéder à plusieurs avantages matériels tels que le financement bancaire, les subventions, le pouvoir de négociation, etc.», explique-t-on du côté de la SMT. Et d’ajouter: «C’est dans cette optique que nous envisageons d’organiser des journées de sensibilisation quant à l’importance de création des associations».