Cuir : c’est parti pour les trois écosystèmes !

Les trois écosystèmes constitués sont la chaussure, la maroquinerie et le vêtement en cuir ainsi que la tannerie et la mégisserie n La création de plus de 35 000 emplois stables, un chiffre d’affaires additionnel de 7,5 milliards de DH, dont 5,5 milliards à l’export, et la structuration du secteur sont parmi les principaux objectifs n La filière a choisi de s’orienter vers le haut de gamme pour dégager une plus grande valeur ajoutée.

La Fédération marocaine des industries du cuir a démarré la vulgarisation des mesures mises en œuvre dans le cadre des contrats de performance signés en février 2016. Ses responsables sont en tournée dans diverses villes du pays en vue de rencontrer les industriels de la filière et de présenter les objectifs et les mesures des trois écosystèmes: chaussure; maroquinerie et vêtement en cuir ; tannerie et mégisserie. Ces écosystèmes s’inscrivent, rappelons-le, dans le cadre du plan d’accélération industrielle arrêté en 2014.
Les objectifs globaux des contrats de performance cuir à l’horizon 2020 ont été présentés, jeudi 23 mars, lors d’une conférence à Casablanca. Ainsi, on retiendra la création de plus de 35 000 emplois stables, la réalisation d’un chiffre d’affaires additionnel de 7,5 milliards de DH, dont 5,5 milliards à l’export, la structuration du secteur en vue d’encourager le passage de l’informel vers le formel, l’amélioration de la compétitivité des entreprises du secteur et le développement des TPME.
En ce qui concerne l’écosystème de la chaussure, il est prévu la création, à l’horizon 2020, de 25 500 nouveaux emplois stables, un chiffre d’affaires additionnel de 5,1 milliards de DH dont 3,8 milliards à l’export, et la réalisation d’un minimum de 20 projets d’investissements portés par des locomotives. Cette filière compte aujourd’hui près de 200 entreprises et un peu plus de 28 000 employés.
Pour la filière maroquinerie et vêtement en cuir, qui compte actuellement 50 entreprises et 4 000 emplois, la mise en place de l’écosystème devrait se traduire, selon les responsables de la Fédic, par la création de 5000 nouveaux emplois ainsi que la génération d’un chiffre d’affaires additionnel de 1,5 milliard de DH dont 700 millions à l’export. Il est prévu de concrétiser au moins une dizaine de projets d’investissements portés par des entreprises leaders de cette filière.
Le troisième écosystème, tannerie et mégisserie, devrait générer 4 500 nouveaux emplois et un chiffre d’affaires additionnel de 2,7 milliards de DH dont un milliard à l’export. Et comme pour les deux autres écosystèmes, il est prévu la réalisation d’au moins 10 projets d’investissements. Cette filière compte actuellement 59 entreprises et emploie 4200 personnes.

Les exportations de maroquinerie et vêtements ont augmenté de 5% en 2016
Selon la fédération, le secteur du cuir s’est mis en ordre de marche pour réaliser ces objectifs. Elle met l’accent sur «la forte mobilisation des divers acteurs en vue de mettre en place les mesures d’accompagnement». Ainsi, ils citent l’homologation en cours au niveau national en vue d’améliorer la qualité et de réglementer les transactions. Par ailleurs, les responsables de la fédération affirment l’engagement de l’Etat pour le renforcement de la promotion de l’offre marocaine à l’étranger et l’accompagnement des entreprises, notamment à travers la modernisation de leurs techniques industrielles.
En ce qui concerne le marché extérieur, la fédération et ses partenaires institutionnels planchent sur l’exploration de nouveaux marchés cibles pour chaque écosystème du cuir. Selon les chiffres de la fédération, les exportations du secteur ont atteint 3,8 milliards de DH en 2016, en hausse de 1,41% par rapport à 2015. Cette évolution, le secteur la doit à la maroquinerie et la chaussure, respectivement en progression de 5% et 2%, à 542 millions et 3 milliards de DH.

Plusieurs zones industrielles sont programmées
Pour l’heure, l’accent a été mis sur les marchés italien, portugais, chinois et espagnol pour la tannerie et la mégisserie. Alors que pour la maroquinerie, le vêtement et la chaussure, les professionnels retiennent les Etats-Unis et l’Allemagne. Et à propos de la qualité de la production, l’objectif est de s’orienter vers le haut de gamme en vue d’une plus grande valeur ajoutée.
Ces objectifs ne peuvent être atteints sans des infrastructures adéquates. La Fédic précise ainsi que pour le parc industriel de Settat, qui s’étend sur une superficie de 20 ha et dispose d’une capacité de 85 lots industriels locatifs, 70% sont commercialisés. Les travaux d’aménagement du parc industriel de Berrechid, d’une superficie de 61 ha et une capacité d’accueil de 180 entreprises, ont débuté en février et devraient prendre fin en avril 2018. Ce parc comprend des petites et grandes superficies destinées aux industries non polluantes. Pour ces deux zones, le loyer du terrain est fixé à 5 DH/m2. Celui du bâtiment est à 35 DH/m2.

Des projets d’aménagement de nouvelles zones sont aussi en cours. Ce sont la zone multisectorielle de Sidi Hajjaj dont le démarrage des travaux est programmé pour 2018 pour une livraison au premier trimestre 2019, et la zone de Casa City Shoes pour laquelle un appel à manifestation d’intérêt a été lancé par la Fédic. Les discussions sont en cours avec le CRI de Casablanca et une cinquantaine d’entreprises intéressées.
Concernant la zone industrielle d’Ain Chegag, la dernière étude relative aux impacts environnementaux sera bouclée fin mars et les travaux d’aménagement seront lancés au cours du deuxième semestre 2017.
Dans la région de Fès-Meknès, le projet de la zone industrielle «Fès City Shoes» est en discussion. Ce projet concerne, en premier lieu, les entreprises de chaussures majoritairement informelles, et ce, dans le cadre de leurs reconversions dans le secteur formel.

Les principaux concurrents du Maroc sont la Chine et le Vietnam, l’Empire du milieu demeurant le leader mondial de l’industrie du cuir avec 38,2% des exportations mondiales. Quant au Vietnam, grâce à ses politiques préférentielles, il a pu attirer, durant ces 20 dernières années, de nombreux investisseurs étrangers. Ses chaussures sont exportées vers plus de 50 pays et territoires, en particulier aux États-Unis, dans l’Union Européenne et au Japon, des pays où elles sont en deuxième position en termes de parts de marché après la Chine. Les exportations vietnamiennes sont passées de 8,76 milliards de dollars en 2012 à 14,88 milliards en 2016.