Croissance encore trop faible dans la région Mena-Asie Centrale

La croissance de 2,6% prévue pour 2017 est trop faible pour combattre le chômage actuel ou absorber les millions de jeunes qui arriveront sur le marché du travail.

Le directeur du département Moyen-Orient et Asie Centrale (MOANAP – qui regroupe la région Mena, le Pakistan et l’Afghanistan) du Fonds monétaire international (FMI), Jihad Azour, a tenu, le 2 novembre, à Rabat, une conférence de presse au sujet des perspectives économiques pour la région. A cette occasion, le responsable du FMI a déclaré qu’«en dépit du renforcement de la reprise mondiale, les perspectives économiques pour la région restent relativement timides, en raison de l’adaptation au faible niveau des prix du pétrole et des conflits régionaux».

C’est ainsi que la croissance de la région MOANAP devrait se situer à 2,6% en 2017, soit à un niveau inchangé par rapport à la «Mise à jour des perspectives économiques régionales du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale de mai 2017». Ce taux de croissance serait environ de moitié inférieur à celui enregistré en 2016. Bien qu’à moyen terme, la croissance devrait gagner progressivement en vigueur dans la plupart des pays de la région, elle ne suffira pas à créer des emplois à une échelle capable de combattre le chômage actuel ou d’absorber les millions de jeunes qui arriveront sur le marché du travail au cours des prochaines années. Un taux de croissance d’au moins 6% est requis pour pouvoir résorber le chômage. C’est la raison pour laquelle les réformes structurelles devront s’intensifier, afin de profiter de la conjoncture favorable offerte par le renforcement de la reprise de l’économie mondiale et permettre d’assurer une croissance plus forte, plus inclusive et durable. A cet effet, le FMI préconise, entre autres, d’améliorer le climat des affaires, de développer le financement des PME, celles-ci n’ayant accès qu’à 2% du total des financements; d’intégrer davantage de marchés et de promouvoir les échanges commerciaux.

Le Maroc a renforcé sa stabilité financière

Par ailleurs, il existe un écart de croissance important entre les pays exportateurs et les pays importateurs de pétrole, au sein de la région MOANAP. La croissance des pays exportateurs devrait être d’à peine 1,7% en 2017. Au niveau de ces pays, le tassement des cours du pétrole a provoqué un important creusement du déficit budgétaire de 1,1% à 10,6% du PIB entre 2014 et 2016. Ce déficit devrait toutefois baisser à 5,2% du PIB cette année, grâce à un modeste redressement des cours et un travail considérable de réduction des déficits.

Les pays importateurs de pétrole devraient afficher un taux de croissance de 4,3% en 2017, soit un niveau supérieur au taux de 3,6% enregistré en 2016. Cette projection est légèrement supérieure à la prévision de 4% de la Mise à jour des perspectives économiques régionales du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale de mai 2017.

La croissance des pays importateurs de pétrole devrait continuer à s’améliorer progressivement pour atteindre 4,4% en 2018, puis une moyenne de 5,3% en 2019-2022, du fait de l’augmentation de la demande interne, des réformes structurelles mises en place par un certain nombre de pays, ainsi que de la reprise enregistrée au niveau de l’économie mondiale.