Crédits : le financement du fonds de roulement et de la consommation a pris le pas sur l’investissement

Les prêts à  l’équipement et aux promoteurs ont nettement fléchi par rapport à  novembre 2011. Les dépôts à  terme reculent alors que la rémunération est en hausse.

C’est devenu une constante : le crédit bancaire continue d’évoluer à un rythme toujours plus élevé que les dépôts. A fin décembre, ces derniers avaient progressé de 3,2% en comparaison avec la même période de 2011, à 662,5 milliards de DH. Par rapport au dernier mois de la même année, la hausse n’est que de 0,2%. A l’origine, la réduction du volume des  comptes à termes et bons de caisse qui s’est établi à 141 milliards, soit 2,6% et 4,7% de moins qu’en novembre et décembre 2011, et ce, malgré une très légère hausse de la rémunération. En effet, selon Bank Al-Maghrib, le taux moyen pondéré des dépôts à 6 et 12 mois a augmenté de 2 points de base entre le troisième trimestre et octobre 2012, s’établissant ainsi à 3,73%. Vu que l’inflation ne devrait pas dépasser 1,7% en 2013, il n’y a aucun risque de dépréciation du capital. Bien au contraire. L’explication théorique est qu’en temps de crise et d’incertitude, les épargnants sont en général plus prudents.

En revanche, les dépôts à vue ont progressé de 4,2% sur une année glissante, à 383 milliards de DH. Mais rapportés à décembre 2011, ils ont fléchi de 0,3%.

Le crédit à l’habitat a fortement augmenté

Dans le même temps, les concours bancaires à l’économie ont atteint 704 milliards de DH, en hausse de 5,5% et 2,6% par rapport à novembre et décembre de l’année précédente. Cette appréciation a principalement servi à financer la consommation et le fonds de roulement des entreprises au détriment de l’investissement. Sur une année, le crédit à la consommation a marqué une croissance de 10%. Les crédits à l’habitat ont évolué au même rythme, à 150 milliards de DH. Par contre, les crédits aux promoteurs immobiliers se sont rétrécis de 2,8%. Cela signifie, entre autres, que les mises en chantier sont beaucoup moins importantes que par le passé.

Pourtant, dans sa dernière note de conjoncture, le Haut commissariat au plan, sur la base de l’enquête effectuée auprès des chefs d’entreprise, pronostiquait une tendance à la hausse de l’activité du BTP au 4e trimestre. Rapportés à décembre 2011, les crédits à l’équipement ont aussi reculé de 3,8%, et ont stagné sur une année. Les entreprises ont surtout profité de facilités à court terme d’où une nette augmentation des comptes débiteurs et crédits de trésorerie : +10,5% en une année et +3,3% par rapport à décembre 2011. Il est évident aussi que, dans ce contexte difficile, les banques sont conscientes qu’il est plus judicieux de donner un peu d’oxygène à des clients dont la trésorerie est presque structurellement déficitaire du fait, entre autres, des retards de paiement.