Crédit du Maroc introduit la signature électronique en agence

Ce nouveau procédé permet aux clients particuliers et professionnels d’effectuer des opérations de caisse via une simple signature électronique sur une tablette numérique. Réduction du risque d’erreur, gain de rendement, fluidification des échanges avec la clientèle…, plusieurs avantages à  la clé.

Crédit du Maroc fait un pas de plus vers le tout digital. La filiale du Crédit Agricole France introduit un service de signature électronique en agence. Cette prestation permet aux clients particuliers et professionnels (hors entreprises) d’effectuer des opérations de caisse via une simple signature électronique sur une tablette numérique. Dans un premier temps, la nouvelle procédure est proposée sur les retraits au guichet, les versements, les retraits de moyens de paiement et les virements simples. Suivront ensuite le traitement des bordereaux de remise des chèques et des effets de commerce ainsi que les autres opérations de caisse. A terme, tous les clients du CDM auront la possibilité de lire et signer l’ensemble de leurs contrats et documents bancaires sur une tablette et de les recevoir instantanément sous format numérique, promet le management de la banque. Celui-ci veut aussi aller vite dans la généralisation de la signature électronique à tout le réseau. La nouvelle technologie est testée depuis février dernier au niveau de 12 agences pilotes à Casablanca. Et d’ici fin 2015, 70% des agences de la banque devraient bénéficier de cette technologie tandis que les 30% restants seront couverts au  premier trimestre 2016.

Si la banque a autant d’ambitions pour la signature électronique c’est parce qu’elle a beaucoup à y gagner. Un premier grand intérêt du procédé réside dans la suppression de l’usage, du transport et du stockage de papier, qui réduit de 95% le risque d’erreur, selon le CDM, ce qui abaisse de fait le risque opérationnel. Il en résulte aussi un gain en rendement estimé entre 50% et 75% par la banque. Le recours à cette technologie conforte également l’engagement éco-responsable du CDM, dans une démarche de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE). L’enjeu est considérable, sachant qu’un agent de traitement consomme en temps normal 10 000 feuilles par an, selon les estimations de la banque.
La signature électronique induit encore une meilleure application des procédures, une traçabilité et une visibilité améliorée. Elle a aussi l’intérêt de libérer du temps pour les agents de traitement qui pourront davantage se consacrer aux tâches commerciales.

Un investissementde 20 MDH sur 4 ans

Côté client, ce nouveau procédé facilite les opérations au quotidien et fluidifie les échanges avec la banque. Il devrait surtout plaire parmi la clientèle de jeunes qui représente un véritable enjeu pour tout le secteur bancaire, selon le management du CDM. Selon les premiers retours, les clients de la banque ont effectivement rapidement apprivoisé cette nouvelle manière de faire avec un taux de transformation à la signature électronique qui atteint 85% dans certaines agences test.

Pour déployer la signature électronique au niveau de ses agences, CDM fait d’abord signer à ses clients une convention d’acceptation. Une fois que le client valide l’opération de caisse qu’il souhaite effectuer, sur la tablette mise à sa disposition sur le comptoir de l’agence, il appose sa signature électronique. Celle-ci est instantanément vérifiée par le guichetier par comparaison avec le modèle de signature dont dispose la banque.
Il est à noter qu’à chaque opération, l’usager a le choix du mode de traitement, électronique ou classique. Cette dernière voie reste nécessaire lorsque le client a par exemple besoin d’un justificatif papier pour l’accomplissement de démarches administratives. Cela étant, la procédure de signature électronique génère bien tous les justificatifs de mise. A chaque signature électronique, une notification est instantanément envoyée par mail au client, et le récépissé qui lui est transmis a la même valeur légale que les documents physiques conformément au cadre réglementaire de la signature électronique. Le client retrouve ensuite tous ses documents dans un classeur électronique consultable à tout moment sur les services de banque en ligne du CDM. Ceci sachant que la banque conserve de son côté des archives électroniques.

CDM devrait concéder un investissement de 20 MDH réparti sur 4 ans pour le déploiement de sa nouvelle technologie. Cette enveloppe finance essentiellement l’acquisition des tablettes et des licences utilisateurs. Précisons à ce titre que la banque utilise la technologie dite de la signature à la volée. Un autre procédé de signature électronique à distance, dont Barid Al-Maghrib est l’autorité de certification, est proposé par la banque à sa clientèle d’entreprise. Précisons que l’introduction de la signature électronique en agence intervient dans le cadre du projet de dématérialisation du CDM intégré à sa stratégie Cap 2018. Cette orientation a été d’abord déclinée par le lancement de la banque multicanal en temps réel il y a moins d’un an. Un autre pas a été franchi début 2015 avec le lancement des solutions de commerce extérieur pour les entreprises.