Crédit conso : le montant moyen du prêt passe de 23 000 à  27 000 DH

Le secteur continue d’afficher une bonne santé. L’encours des crédits a progressé de presque 20% en un an. Le nombre de dossiers est, lui, en hausse de 9%.
60% des crédits sont de type non affecté et servent d’appoint de trésorerie pour la rentrée scolaire, le Ramadan ou l’Aïd Al Adha.

En dépit des menaces de ralentissement économique, les sociétés de crédit à la consommation affichent de bons indicateurs. Les derniers chiffres de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) montrent que l’encours des crédits et leur production mensuelle n’arrêtent pas de progresser, même si plusieurs opérateurs du secteur s’attendent à un ralentissement, notamment en raison de l’augmentation moins rapide des ventes de voitures. A mois de septembre comparable (2008 comparé à 2007), celles-ci ont en effet enregistré une baisse de 8 %. Mais le nombre de crédits affectés à l’acquisition des véhicules ont bondi de 48% pour la même période. «Cela montre que même si les ventes ont baissé, les acheteurs recourent davantage au crédit qu’au paiement comptant. Mais l’évolution risque de s’essouffler si les ventes des véhicules continuent de baisser», prévient-on auprès d’une société de crédit. Notons que les ventes de voitures de tourisme importées, le segment le plus important du marché, ont reculé de 5,1%, à 5 225 unités, par rapport au même mois de l’année précédente.

451 000 dossiers financés en neuf mois

A Cetelem, l’on se montre moins pessimiste. «La baisse enregistrée dans les ventes des véhicules n’est pas vraiment significative, et pour cause. Le marché marocain enregistre des pics de ventes lors du Salon automobile, ce qui réduit les ventes durant la période qui suit ce salon. Il faudra donc attendre les prochains mois pour savoir si la régression est effective ou non». Selon un responsable dans cette société, la crise économique mondiale peut être bénéfique pour le crédit à la consommation. Car, «elle (la crise)pourrait avoir pour effet d’accélérer les délocalisations vers le Maroc, ce qui créera indiscutablement de nouveaux emplois. D’où l’augmentation de la demande de crédit», souligne-t-il.
Fayçal El Abassi, directeur marketing de Wafasalaf, estime pour sa part que le marché évolue favorablement. «Pour les prêts non affectés, nous pensons que nous allons poursuivre notre croissance car le besoin est réellement là. D’ailleurs, l’activité est soutenue durant cette période d’avant Aïd Al Adha. En revanche, pour les prêts affectés, l’activité de crédit est fortement liée à l’évolution de la demande du bien à financer que ce soit l’électroménager ou l’automobile».

7,3 milliards de DH de prêts personnels en 9 mois
Quoi qu’il en soit, Mustapha Melsa, directeur délégué de l’APSF, illustre le bon comportement du secteur en annonçant que l’encours des crédits à la consommation est passé de 29,1 milliards en septembre 2007 à 34,8 milliards à fin septembre 2008, soit une progression de 19,7%. La production totalise 1,3 milliard de DH en septembre dernier, contre 1 milliard pour le même mois de l’année d’avant. Sur l’année, l’évolution est moins importante puisque le secteur a accordé 12,5 milliards de DH entre janvier et septembre 2008 contre 10,5 milliards durant la même période de l’année dernière, soit une hausse de 16%. Le nombre des dossiers n’a pas beaucoup évolué. Le cumul depuis janvier 2008 montre que les sociétés ont financé 451 959 dossiers contre 413 589 pendant la même période de l’année dernière, soit une hausse de 9%.
«Le tassement du nombre des emprunteurs ne veut pas forcément dire que la distribution du crédit suit la même tendance. Cela peut être expliqué par l’importance des montants des crédits alloués», analyse le directeur général d’une société de financement de la place. Son avis est confirmé par un autre indicateur : le montant moyen des prêts à la consommation. Entre septembre 2007 et septembre 2008, cette moyenne a augmenté de 4 000 DH passant de 23 000 DH à 27 000 DH.
Et c’est le crédit automobile qui tire ce chiffre vers le haut puisque la moyenne des crédits alloués pour cette branche peut atteindre jusqu’à 75 000 DH. Les prêts personnels, eux, se situent à un niveau plus bas avec 23 000 DH en moyenne par crédit alors que les prêts pour les équipements domestiques tournent autour de 10 000 DH.
En 2007 et sur les 15 milliards de dirhams de crédits distribués, 60% étaient des prêts personnels. Cette tendance se confirme cette année puisque les prêts non affectés sont toujours en tête des crédits. Ainsi, les sociétés de financement ont accordé près de 4,9 milliards de DH en crédits affectés (dont 4,3 pour le seul crédit auto) entre janvier et septembre 2008 alors que les prêts non affectés ont atteint 7,5 milliards de DH. «Désormais, la plupart des crédits sont contractés pour assurer des dépenses saisonnières comme pour la rentrée scolaire, l’Aïd Al Adha… Les crédits servent aussi et de plus en plus à faire face aux situations imprévues telles que l’hospitalisation», souligne un responsable à Salafin. D’ailleurs, cette tendance se confirme par les derniers chiffres de l’APSF. Ceux-ci montrent que les prêts personnels ont englouti plus de 7,3 milliards entre janvier et septembre derniers, contre 6,3 milliards de DH durant la même période de l’année dernière.