Crédit conso : le délai de rétractation conforte l’avance des banques sur les sociétés spécialisées

Depuis l’entrée en vigueur du décret relatif au délai de rétractation, les sociétés de financement ont moins de marge de manœuvre pour faire jouer l’avantage de la rapidité de déblocage des prêts personnels. Les banques captent la clientèle la plus pressée grâce au découvert accordé avec moins de formalisme.

Un atout de moins pour les sociétés de crédit à la consommation sur le prêt personnel. Les établissements spécialisés peuvent moins faire jouer l’avantage de la rapidité dont ils se prévalaient historiquement par rapport aux banques, depuis l’application effective du texte sur le délai de rétractation pour les demandeurs de prêts. Pour rappel, ce droit est garanti aux clients depuis l’adoption, il y a un peu plus d’un an, des décrets d’application qui complètent la loi sur la protection du consommateur adoptée en avril 2011. Avec le nouveau cadre, l’emprunteur a désormais la possibilité de revenir sur son engagement, sans justification particulière et sans pénalités, dans un délai de sept jours à compter de l’acceptation d’une offre préalable de crédit (OPC) que lui a adressé l’établissement de crédit. Depuis l’entrée en vigueur de cette disposition, les sociétés de crédit à la consommation attendent l’expiration de ce délai pour débloquer les fonds. Les banques suivent la même démarche pour les prêts personnels, mais elles ont la possibilité de proposer d’autres financements, notamment le découvert non concerné par ce texte, rapporte l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF). Cela leur donne donc la possibilité de répondre plus rapidement aux demandes de la clientèle.

Les sociétés de financement ont perdu leur leadership il y a deux ans

Bien sûr, il est difficile de voir le découvert bancaire supplanter le prêt personnel (il totalise un encours de 4,5 milliards de DH à fin 2016 contre près de 50 milliards de financements à la consommation au niveau des banques), ne serait-ce que parce que les montants en jeu sont généralement moins importants et que son coût est plus élevé. Néanmoins, les banques ont désormais des arguments à faire valoir auprès des clients particulièrement sensibles aux délais d’accès au financement. En tout cas, elles facilitent, quand c’est possible, l’accès au découvert et l’intègrent systématiquement dans leurs packs. Généralement, pour moins de 100 DH par mois, le client peut bénéficier d’un dépassement pouvant représenter 80% de son salaire, voire plus. Dans la plupart des cas, le découvert est autorisé à partir du moment où le client justifie de 6 mois d’activité et de quelques mois d’ancienneté de compte avec constatation de virement de salaire. Dans ce contexte, les sociétés de financement auront du mal à reprendre le leadership qu’elles ont cédé depuis deux ans aux établissements bancaires qui détiennent aujourd’hui 52% de ce segment de marché.