Crédit agricole : bonnes performances au premier semestre 2007

Le Crédit agricole du Maroc (CAM) affiche assurément la grande forme et surtout une évolution spectaculaire par rapport aux indicateurs de l’année précédente.

Un résultat d’exploitation de 479 MDH et un résultat net de 247 MDH au premier semestre 2007. Le Crédit agricole du Maroc (CAM) affiche assurément la grande forme et surtout une évolution spectaculaire par rapport aux indicateurs de l’année précédente. Ainsi, le produit net bancaire (PNB) au terme du premier semestre a atteint 925 MDH, soit une progression de +31% par rapport à son niveau de l’année dernière à la même période. Au passage, le CAM a pu améliorer également ses ratios, notamment le coefficient d’exploitation (rapport des frais généraux sur le PNB) qui baisse à 49% (contre 55% en 2006) et les fonds propres positifs de près de 2 milliards de DH. Il faut dire que, depuis fin juin, le CAM n’a plus droit aux dérogations qui lui étaient accordées par Bank Al Maghrib et devait donc de facto s’aligner sur les standards du secteur bancaire. Une obligation que la banque a pu honorer grâce, en partie, à un effort supplémentaire de provisionnement des vieilles créances en souffrance qui plombaient ses comptes et qui ont été réduites de 580 MDH au premier semestre de l’année. Selon des sources au CAM, ce dernier a pu injecter récemment quelque 570 MDH de plus dans les provisions. Pour le faire, la banque a dû vendre sur le marché les 5% qu’elle détenait dans la Banque centrale populaire, engrangeant au passage une plus-value non négligeable.

Satisfait de ces performances, le management du CAM reste confiant pour la suite, même si les effets de la sécheresse commencent déjà à se faire sentir sur les comptes. A preuve, le CAM prévoit de provisionner au deuxième semestre entre 250 à 300 MDH pour couvrir les impayés des clients frappés par la sécheresse. Au final, l’exercice 2007 devrait se terminer avec un résultat net de quelque 320 MDH, soit près de 200 MDH de plus qu’il y a un an.

Mais cela ne semble entamer en rien l’engagement de la banque dans les activités agricoles. Sans donner de chiffres précis, on signale une légère augmentation des concours à l’agriculture et surtout une forte évolution des crédits aux industries agroalimentaires.

Pour ce qui est de la petite agriculture, toujours, le CAM table surtout sur deux leviers. Le premier concerne sa fondation pour le micro-crédit, Ardi, qui dispose déjà de 100 antennes à travers le pays et a distribué quelque 50 000 prêts. Le CAM compte maintenir la cadence avec un rythme d’ouverture de 15 nouvelles antennes chaque mois, sans compter les Dar El Fellah déjà existantes et qui seront intégrées au réseau.

Le deuxième levier concerne la filiale, en projet, qui sera réservée au financement de la petite agriculture. Là aussi, l’accord de principe des ministères de l’agriculture et des finances est acquis et il ne reste que la signature de la convention entre le CAM est le gouvernement pour la mettre en place. Le montage, assure-t-on au CAM, est finalisé et il faut s’attendre à une annonce après les élections.