Crédit à  la consommation : retour à  une croissance moins effrénée

L’encours a crû de 17% en 2008, contre plus de 20% en 2007.
Les créances en souffrance totalisent 4,1 milliards de DH contre 3,8 milliards en 2007 : un taux de 11,3%.
Les prêts non affectés sont plus risqués que les autres.

Le crédit à la consommation commence à ressentir les effets du ralentissement économique. Après des chiffres jugés satisfaisants pour le premier semestre 2008 (l’encours ayant augmenté de plus de 20%), l’activité a accusé un léger tassement lors des six derniers mois pour finir l’année sur une hausse de 17,7%. Les chiffres provisoires que vient d’arrêter l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) prouvent l’essoufflement de l’activité surtout durant le quatrième trimestre de l’année dernière. «Si l’encours a évolué de 17,7 % en passant de 30,5 milliards de DH à fin 2007 à 36,07 milliards l’année dernière, la production nette n’a pas été aussi bonne sur la même période», commente le responsable d’une société de financement de la place.
En effet, en termes de production, le secteur a réalisé une progression de près de 14%. L’essoufflement se remarque particulièrement pour la production du mois de décembre dernier puisque les sociétés ont à peine atteint 1,4 milliard de DH contre 1,8 en décembre 2007. «La perte de vitesse constatée en fin d’année s’explique d’abord par une excellente année 2007 où nous avions enregistré une évolution de 22%», explique pour sa part Aziz Cherkaoui, président de la commission crédits à la consommation de l’APSF. «Sur toute l’année, le financement automobile, par exemple, n’a pas accusé de baisse puisque l’activité a enregistré une hausse aussi bien de l’encours que du nombre de dossiers», insiste-t-il. Le secteur a financé des véhicules (en crédit classique, LOA et Mourabaha) pour 6,02 milliards de DH contre 5,2 milliards une année auparavant. L’encours brut a crû de  26,7%, passant de 9,7 milliards de DH à fin 2007 à 12,3 milliards en 2008.
En revanche, la production nette du mois de décembre renseigne sur les difficultés rencontrées durant le dernier trimestre. Ainsi, les sociétés de crédit ont financé les achats d’automobiles pour un montant de 588,8 MDH au cours du mois en question contre 741,6 millions au titre de la même période en 2007. Cette régression s’expliquerait par la fin des avantages fiscaux de la location avec option d’achat (LOA) en 2008. «Les clients qui savaient que la Loi de finances 2008 avait prévu l’augmentation de la TVA sur la LOA se sont empressés d’acheter des véhicules en LOA en décembre 2007 pour échapper à cette hausse des taxes qui a finalement été généralisée même aux contrats antérieurs à 2008. C’est pour cette raison que nous avions eu un mois de décembre 2007 exceptionnel»,  indique une source du secteur. En somme, décembre 2008 marque un retour à la normale.

Les créances compromises de plus de 8 ans à la trappe

Du côté des risques, les chiffres de l’APSF montrent que les créances en souffrance  s’élèvent à 4,1 milliards de DH contre 3,8 milliards pour 2007. «Ces chiffres sont encore provisoires. Ils permettent seulement de dégager une tendance, explique M.Cherkaoui. Car il y a toujours un décalage entre le moment où une dette acquiert le statut de créance en souffrance et le moment où elle est inscrite comme telle».
Toujours est-il que les prêts non affectés continuent d’être la bête noire des sociétés de crédit à la consommation. Les créances en souffrance sur ce segment totalisent un peu plus de 2,4 milliards de DH à fin 2008 alors que les prêts affectés ne dépassent guère 1,6 milliard de DH. La tendance se confirme au regard du nombre de dossiers litigieux : 173 428 pour les prêts non affectés contre 70 835 pour la seconde catégorie.   Rappelons enfin que le volume des  créances en souffrance des sociétés de financement devrait être considérablement réduit après que la DGI ait accepté la requête de l’APSF d’effacer les créances compromises qui ont 8 ans d’âge. Ce délai devrait même passer à 5 ans. M. Cherkaoui préconise quand même la vigilance car le ralentissement économique pourrait bien avoir des conséquences sur la clientèle en 2009.