Crédit à  la consommation : moins de dossiers et des emprunts plus importants en 2009

Les encours des crédits automobiles et des prêts personnels sauvent l’année en s’appréciant de 8,2% et 12,1%.
L’encours des prêts affectés aux équipements domestiques a lourdement chuté de 22%.

Malgré une année 2009 difficile pour l’économie, les sociétés de financement s’en tirent finalement à bon compte en réalisant une «petite» hausse de 9% de l’encours brut des crédits à la consommation. Selon les chiffres non encore rendus publics de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF), ces crédits ont atteint 39,4 milliards de DH contre 36 milliards à fin 2008.
Bien que positive, cette évolution reste néanmoins très faible au regard des chiffres de 2008 lorsque l’encours brut s’était apprécié de 17,7%, par rapport à l’année précédente, à 36 milliards de DH. «Les chiffres montrent bien que le secteur est depuis 2008 dans une période de décélération. Celle-ci peut s’expliquer par les niveaux très élevés des crédits accordés en 2007. L’encours s’était apprécié de près de 23% par rapport à 2006. Par conséquent, plusieurs professionnels du secteur jugent cette décélération comme un simple retour à la normale qui n’a rien d’alarmant» , explique un membre de l’APSF.
Ventilé par catégorie, l’encours semble tirer sa progression de deux types de crédits : l’automobile et les prêts personnels. Le premier réalise en effet une progression de 8,2%, s’établissant à 13,4 milliards de DH à fin 2009 contre 12,3 milliards un an auparavant. Si elle se confirme aussi en volume, l’évolution reste néanmoins plus lente avec 5,4% de dossiers de plus qu’en 2008, à 179 715. «Cet écart s’explique par l’augmentation du montant du financement par dossier qui a progressé de près de 3% à 75 000 DH», analyse un professionnel du secteur. Selon cette même source, ce sont les crédits classiques qui constituent le plus gros de l’évolution des financements automobile puisque «la LOA continue sa dégringolade depuis la disparition de l’avantage fiscal qui caractérisait ce produit jusqu’à fin 2007».

Le ralentissement du marché de l’immobilier a pesé sur l’activité

Les prêts personnels ont fait bonne impression en affichant un saut de  12,1%. C’est d’ailleurs la seule catégorie à avoir réalisé une évolution à deux chiffres, précise notre source. Les prêts personnels sont ainsi passés de 21,7 milliards de DH en 2008 à 24,3 milliards à fin décembre dernier. Et à l’instar des crédits automobile, l’évolution en nombre des dossiers est beaucoup moins importante puisqu’elle ne dépasse guère les 4,5% : 967 018 dossiers contre 925 155 un an auparavant.
Contrairement aux crédits automobile et aux prêts personnels, les crédits affectés aux équipements domestiques et autres ont beaucoup souffert en concédant une chute de 22,3% par rapport à 2008. En valeur, ces crédits ont accusé une baisse d’encours de 291 MDH, passant de 1,3 milliard à 1,01 milliard. Les dossiers relatifs à ces prêts ont également accusé une chute de 8%, soit 11 998 de dossiers traités en moins en un an. «Nous sommes passés de 149 700 dossiers traités en 2008 à 137 702 en 2009. Cette baisse montre bien que les clients ont moins acheté d’équipements domestiques, ce qui s’explique certainement par le ralentissement que connaît le marché de l’immobilier en 2009», souligne un membre de l’APSF.

Le crédit revolving à la traîne

 Le crédit revolving n’est pas mieux loti puisque ce type de financement plonge de 16 MDH en un an pour s’établir à 672 millions contre 688 millions à fin 2008. En nombre de dossiers, la réduction est encore plus prononcée : il y en a 8 669 de moins (-9,8%) qu’en 2008.
Sans pour autant inquiéter les sociétés de financement, les créances en souffrance accusent quant même une hausse de 13,07% entre 2008 et 2009. Pour expliquer leur position, les professionnels font remarquer que ces dossiers ne représentent que 4,7 milliards de DH de l’encours global, soit 11,9%. «La hausse du volume des créances en souffrance dans l’encours constatée en 2009 ne remet pas en cause la tendance de fond de l’amélioration de la qualité du portefeuille des sociétés de crédit à la consommation depuis 2005», explique la patron d’une société de crédit.
Pour finir, il y a lieu de soulever dans tous les cas une augmentation des montants de crédit par dossier ouvert, ce qui implique un endettement moyen plus important. Serait-ce du à un effet de crise ayant affecté une partie de la population salariée touchée par des réductions d’heures du travail ou à un effet psychologique ambiant ? La question mérite d’être posée.